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OCS Choc : Programme TV de la chaîne OCS Choc

En ce moment sur OCS Choc :

08h15 Moonlight

Rediffusion Film : drame 1h50 -10
Moonlight

A Miami, dans les années 1980, Chiron tente de grandir, entre les coups qu'il reçoit à l'école et sa mère, une infirmière bienveillante qui s'enfonce peu à peu dans la drogue. Le jeune homme est en train de découvrir qu'il est homosexuel et a du mal à l'assumer. Seul son ami Kevin parvient à lire dans l'esprit de Chiron comme dans un livre. Alors que sa mère l'abandonne à cause de son addiction au crack, Chiron se trouve des parents de substitution avec Teresa et Juan, un dealer. Le couple l'encourage à accepter son identité, sans se conformer aux conventions de la masculinité et de la sexualité... - Critique : Accueil triomphal dans les festivals où il a concouru, critiques dithyrambiques aux Etats-Unis et, en guise de première consécration (des oscars pourraient suivre dans trois semaines), l'attribution surprise du Golden Globe du meilleur film dramatique : Moonlight, deuxième long métrage d'un jeune réalisateur afro-américain, arrive dans les salles françaises précédé d'une réputation de chef-d'oeuvre « indé » et « arty ». Un parcours exceptionnel pour un film plutôt modeste. En trois parties, trois moments-clés d'une vie, Barry Jenkins raconte comme un jeune Noir d'un quartier pauvre de Miami ravagé par le trafic de drogue découvre son homosexualité. L'originalité de ce film tient à la grande délicatesse avec laquelle le cinéaste met en scène cette violence sociale. L'onirisme des images (superbes) et la poésie du montage apportent à cette histoire douloureuse une douceur apaisante, sans être factice — l'homophobie dont est victime le héros et ses conséquences ne sont jamais édulcorées. Le parti pris visuel et narratif est audacieux, mais pas toujours abouti. C'est probablement une question de dosage : la mise en scène est un peu trop poseuse quand le cinéaste chronique l'enfance et l'adolescence du héros... et un peu trop posée quand il évoque sa métamorphose à l'âge adulte. Dommage, aussi, qu'il sacrifie trop vite le plus beau personnage du film : Mahershala Ali est, pourtant, magnifique d'humanité en dealer devenu mentor au grand coeur.

59min

À suivre, dès 10h05 : Saint Ange (Rediffusion)

Ce soir sur OCS Choc :

21h00 20th Century Women

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h55 Tout public

A Santa Barbara, pendant l'été 1979, Dorothea Fields dirige une pension, rénovée avec l'aide de William, un client. Elle élève seule son fils Jamie, un adolescent. Elle a beau épouser les idées libertaires de l'époque, elle a de plus en plus de mal à le comprendre. Jamie lui reproche l'absence d'homme à la maison. Quand il se blesse après une figure en skate, elle demande l'aide de deux de ses locataires, Abbie, une photographe un peu punk, et Julie, une jeune fille qui cajole platoniquement et recueille les secrets de Jamie... - Critique : Au milieu du film, les personnages regardent tous ensemble, religieusement, la télévision : nous sommes en 1979, ceci explique cela. Américains, ils suivent l'un des derniers discours du président Jimmy Carter : « Nous nous rendons compte que la propriété et la consommation ne satisfont pas notre quête de sens. » Carter s'interroge ouvertement sur le changement de civilisation en cours. C'est un moment clé dans l'évolution des sociétés occidentales, entre la fin des contre-cultures idéalistes et le matérialisme cupide des années 1980. Aujourd'hui, ces propos tourmentés, quasi métaphysiques, paraissent inouïs de la part d'un président. Voilà le type de frisson que provoque 20th Century Women (« femmes du XXe siècle »), suite informelle de l'autobiographie entreprise par Mike Mills avec Beginners (2011). Le premier volet racontait le père, qui s'autorisait, à 75 ans seulement, à vivre son homosexualité. Ce film-ci remonte le temps pour évoquer la mère (jouée par Annette Bening) : à Santa Barbara, en 1979, elle est au milieu de sa cinquantaine, déjà divorcée, sans homme dans sa vie. Le fils (double du cinéaste) a 14 ans. Leur tête-à-tête se complique de jour en jour. Il lui reproche de se complaire dans le malheur et le célibat. Elle se sent mal placée pour lui apprendre la vie. Mais la maison est grande, il y a des locataires : un homme à tout faire pas vraiment remis de ses années hippies (Billy Crudup) et une artiste trentenaire ayant échoué à New York (Greta Gerwig). Il y a aussi une petite voisine qui s'incruste (Elle Fanning), délurée, un peu plus vieille que l'adolescent. Mike Mills affine encore son art d'agencer l'historique et l'intime, la fiction et les images d'archives (fugitives) : comme Beginners, le film rappelle souvent le style d'Alain Resnais, première période, avec ses collages foisonnants. Mais c'est d'abord un magnifique portrait de femme. Dépressive et énergique, permissive et autoritaire, coquette et négligée, sociable et solitaire : cette mère échappe à toutes les étiquettes psychologiques. Elle n'est pas non plus réductible à sa profession d'ingénieur, inhabituelle pour une femme née dans les années 1920. Bohème en apparence, elle pointe chaque matin, au petit déjeuner, le cours de ses actions en Bourse. Avec cette somme de nuances, Annette Bening tient son plus beau rôle. Le film séduit aussi par sa dramaturgie discrètement imprévisible. A priori domine la chronique (d'une époque, d'une maisonnée, d'un quartier de Santa Barbara). L'adolescent de 14 ans est à la fois celui qui raconte (en voix off) et celui qui regarde. Skateur, amateur de punk-rock, il découvre son désir pour les femmes à la lumière des acquis encore récents de la libération des moeurs et grâce aux discours sans tabou de celles qui le pouponnent... Mais cette reconstitution détaillée d'une période est peu à peu traversée, approfondie, voire contredite par les récits complets de la vie de chaque personnage. Le narrateur nous révèle leur passé et ce qu'ils sont devenus ensuite, après... Outre ses vertus romanesques, une telle narration mène le film vers une superbe touche finale : cette mère qu'on voit plutôt en panne, sans guère d'espoir, dans un automne mélancolique, on apprend incidemment qu'elle aura droit, encore des années plus tard, à son été indien. Happy end ! — Louis Guichard Lire le portrait d'Annette Bening dans notre numéro précédent.

« 20th Century Women » sur OCS Choc

22h55 Cinq nouvelles du cerveau

Rediffusion Film documentaire 1h45 Tout public

Alors que les scientifiques continuent encore de tenter de percer tous les secrets et mystères du cerveau humain, d'autres en profitent pour développer parallèlement des recherches sur l'intelligence artificielle. Les espoirs de la communauté scientifique internationale repose sur l'ensemble de ces travaux : la synergie de toutes ces avancées et nouvelles découvertes permettra-t-elle de créer un humain parfait ? L'intelligence artificielle prendra-t-elle le relais pour combler les lacunes du cerveau humain, et vice versa ? Une plongée fascinante dans un microcosme qui détient probablement les clés pour offrir un avenir meilleur... - Critique : Documentariste passionnant qui aime tourner dans des lieux clos (une cour de justice, la voiture d’un leader populiste ou les coulisses de l’Opéra de Paris), le Suisse Jean-Stéphane Bron a cette fois investi un continent mouvant et fantasmatique : l’intelligence artificielle. Comment raconter les avancées de la science en la matière, alors que les laboratoires où s’écrit l’avenir de l’humanité n’ont rien de spectaculaire ? Le réalisateur opte pour un périple mental auprès de cinq scientifiques qui inventent ou anticipent différemment l’intelligence de demain. Le cerveau pourrait-il être artificiellement répliqué ? Les robots vont-ils nous aliéner ou nous émanciper ? À travers les histoires de ces chercheurs, leurs interactions, leur vision du monde, leur humanité, le film parvient à nous captiver. Sans perdre de vue que la science, poreuse aux imaginaires culturels (en l’occurrence celui de la science-fiction), est aussi un champ politique.

« Cinq nouvelles du cerveau » sur OCS Choc

Programme OCS Choc de la journée d'aujourd'hui

Jeudi 13 Juin 2024

De 06h30 à 08h15 Dame de pique

Rediffusion Téléfilm policier 1h45 -10

A Paris, le commissaire Martin, de la brigade criminelle, enquête sur un meurtre commis à l'arbalète. Jeannette, son adjointe, et Bélier, la légiste, l'aident dans cette affaire. La victime est un détective privé. C'est alors que le tueur frappe encore, et encore. Quel est le lien entre ces nouvelles victimes et la première ? C'est en ce posant cette question que Martin comprend que le coupable ne peut être qu'une femme. Mais alors qu'il approche de la vérité, il se retrouve à son tour ciblé par la coupable. L'équipe parviendra-t-elle à mettre hors d'état de nuire une prédatrice aussi impitoyable ? Un épisode effrayant de la collection "Les Dames".

Sur OCS Choc dès 06h30 : Dame de pique

De 08h15 à 10h05 Moonlight

Rediffusion Film : drame 1h50 -10

A Miami, dans les années 1980, Chiron tente de grandir, entre les coups qu'il reçoit à l'école et sa mère, une infirmière bienveillante qui s'enfonce peu à peu dans la drogue. Le jeune homme est en train de découvrir qu'il est homosexuel et a du mal à l'assumer. Seul son ami Kevin parvient à lire dans l'esprit de Chiron comme dans un livre. Alors que sa mère l'abandonne à cause de son addiction au crack, Chiron se trouve des parents de substitution avec Teresa et Juan, un dealer. Le couple l'encourage à accepter son identité, sans se conformer aux conventions de la masculinité et de la sexualité... - Critique : Accueil triomphal dans les festivals où il a concouru, critiques dithyrambiques aux Etats-Unis et, en guise de première consécration (des oscars pourraient suivre dans trois semaines), l'attribution surprise du Golden Globe du meilleur film dramatique : Moonlight, deuxième long métrage d'un jeune réalisateur afro-américain, arrive dans les salles françaises précédé d'une réputation de chef-d'oeuvre « indé » et « arty ». Un parcours exceptionnel pour un film plutôt modeste. En trois parties, trois moments-clés d'une vie, Barry Jenkins raconte comme un jeune Noir d'un quartier pauvre de Miami ravagé par le trafic de drogue découvre son homosexualité. L'originalité de ce film tient à la grande délicatesse avec laquelle le cinéaste met en scène cette violence sociale. L'onirisme des images (superbes) et la poésie du montage apportent à cette histoire douloureuse une douceur apaisante, sans être factice — l'homophobie dont est victime le héros et ses conséquences ne sont jamais édulcorées. Le parti pris visuel et narratif est audacieux, mais pas toujours abouti. C'est probablement une question de dosage : la mise en scène est un peu trop poseuse quand le cinéaste chronique l'enfance et l'adolescence du héros... et un peu trop posée quand il évoque sa métamorphose à l'âge adulte. Dommage, aussi, qu'il sacrifie trop vite le plus beau personnage du film : Mahershala Ali est, pourtant, magnifique d'humanité en dealer devenu mentor au grand coeur.

Sur OCS Choc dès 08h15 : Moonlight

De 10h05 à 11h45 Saint Ange

Rediffusion Film fantastique 1h40 -12

La France, pendant les années 50. Anna est une jeune femme solitaire et discrète. Depuis quelques jours, elle travaille à l'orphelinat de Saint-Ange, où elle s'occupe de la plupart des tâches ménagères. Mais un accident qui coûte la vie à un enfant remet en question l'existence de l'orphelinat. Bientôt, les bâtiments sont désertés, et la fermeture de l'établissement est annoncée. Anna croise le chemin de Judith, la seule pensionnaire restée dans l'orphelinat. La jeune femme, au comportement étrange, semble perdue dans de sombres pensées. Peu à peu, Anna se laisse envahir par l'atmosphère troublante de l'établissement. Elle ne tarde pas à entendre des sons curieux et se persuade que d'autres personnes rôdent dans l'orphelinat... - Critique : Anna, une fille dont on ne sait rien, arrive dans l'orphelinat de Saint-Ange, où des choses diaboliques se passent avec les miroirs, les couloirs, les murs, les rampes d'escalier, les robinets, les bruits de canalisation... Fonçant droit dans le fantastique tiré par les cheveux, le scénario passe à côté de ce qui pourrait simplement intriguer (Anna a-t-elle été fouettée ? et par qui ?). Sans vrais personnages ni histoire, ce film d'horreur léché est vampirisé par des effets de mise en scène qui tombent à plat. F.Str.

Sur OCS Choc dès 10h05 : Saint Ange

De 11h45 à 13h25 Les disparues de Valan

Rediffusion Film policier 1h40 -12

Peter est un inspecteur qui a dédié sa vie à la recherche de femmes portées disparues. Il enquête sur des affaires de traite d'êtres humains à Brasov, dans une brigade d'inspecteurs spécialisée dans les disparitions. Quand il retourne à Valan, sa ville natale en Transylvanie, il apprend qu'un cadavre a été retrouvé dans les montagnes enneigées. Pourrait-il s'agir de sa soeur Juli, disparue il y a 22 ans ? L'enquête qu'il entame l'entraîne dans un labyrinthe de criminalité et de confrontation avec ses propres démons. Il découvre que tous les ans, depuis vingt ans, une jeune fille disparaît la veille de Noël...

Sur OCS Choc dès 11h45 : Les disparues de Valan

De 13h25 à 15h05 Microbe et Gasoil

Rediffusion Film : comédie 1h40 Tout public

A Versailles, Daniel Guéret est un adolescent un peu artiste, qui adore dessiner. Surnommé Microbe par son entourage, il sympathise rapidement avec Théo Leloir, nouveau venu dans sa classe. Théo, très vite surnommé Gasoil, est un as du bricolage qui a customisé sa propre monture. Les deux garçons, qui ne veulent pas partir en vacances avec leurs parents, se lancent dans le bricolage. Ils créent un engin hybride avec le moteur d'une tondeuse à gazon et quelques planches de bois. Leur invention donne naissance à une maison sur roues. C'est à bord de cet étrange véhicule qu'ils décident de sillonner les routes de France... - Critique : C’est lui qui le dit : Michel Gondry aura pour toujours 12 ans (I’ve Been Twelve Forever est le titre d’un documentaire autobiographique qu’il a réalisé en 2004). À peu près l’âge de ses deux héros aux noms absurdes, Microbe, celui qui dessine, et Gasoil, celui qui bricole. Atteint du syndrome de Peter Pan, Michel Gondry sait très bien se replonger dans ses années collège, avec ce petit décalage suranné qui lui va si bien : les deux gamins, mis à l’écart dans la cour (mais ils se rassurent, « les caïds des récrés sont les victimes de demain »), n’aiment pas les smartphones, se posent des questions existentielles (« On est copains ou amis ? ») et inventent des mots comme la Zazie de Queneau (« Exactemently ! »). Pour éviter de passer les deux mois d’été avec leurs parents, ils imaginent une machine à rêves. Avec un moteur de tondeuse à gazon et des planches de récupération, ils bricolent une maison roulante pour partir à l’aventure sur un air de Plastic Bertrand ! Gondry bricole lui aussi son film avec deux bouts de ficelle et énormément de tendresse. On parie qu’à 12 ans il a vu le film de Joe Dante, Explorers, où deux copains construisent une navette spatiale avec des hublots de machines à laver… On pense souvent aux petits héros de Spielberg aussi, à Stand by Me, de Rob Reiner, et aux BD d’Hergé Quick et Flupke. Toute une mythologie de l’adolescence revisitée façon road-movie artisanal. Émouvant comme un souvenir d’enfance.

Sur OCS Choc dès 13h25 : Microbe et Gasoil

De 15h05 à 17h05 Escape from Mogadishu

Rediffusion Film d'action 2h -10

En Somalie. En 1991, la guerre civile fait rage dans les rues de Mogadiscio, capitale et ville la plus peuplée du pays. Les membres des ambassades de Corée du Sud et de Corée du Nord sont piégés entre les feux des forces gouvernementales et des rebelles. Une nuit, les employés de l'ambassade de Corée du Nord frappent à la porte de l'ambassade de Corée du Sud et demandent de l'aide. Afin de quitter cette ville et de se sauver la vie, ils laissent leurs désaccords diplomatiques de côté...

Sur OCS Choc dès 15h05 : Escape from Mogadishu

De 17h05 à 19h10 L'union sacrée

Rediffusion Film policier 2h5 -10

Ce n'est pas d'un bon oeil que Simon Atlan, un jeune inspecteur de la brigade des stupéfiants, juif et pied-noir, voit arriver son nouvel équipier, Karim Hamida, d'origine arabe. Leur première enquête commune commence dans un climat tendu. Simon a arrêté un dealer qui revendait de l'héroïne pure à des lycéens, fructueux petit commerce qui vient de faire dix victimes. Il semble qu'il s'agisse en réalité d'un acte terroriste fomenté par un groupe de fanatiques musulmans établis à Paris. Simon apprend bientôt qu'Hamida est lieutenant à la DGSE et qu'on l'a chargé de démanteler ce groupuscule dont le leader, Radjani, se fait passer pour un attaché culturel...

Sur OCS Choc dès 17h05 : L'union sacrée

De 19h10 à 21h00 Hatch : Protection rapprochée

Rediffusion Film d'action 1h50 -12

Lorsqu'une de ses informatrices est tuée au cours d'une opération de routine, Russell Hatch, un agent d'Interpol, prend sous son aile et sa protection Jayden, le fils adolescent de la défunte. Deux ans plus tard, Jayden et son grand-père, monsieur Kim, se retrouvent pris au milieu d'une guerre de territoire sanglante entre des gangs russes, albanais et coréens. Hatch se montre alors prêt à tout pour protéger l'adolescent et son aïeul. La disparition soudaine de Jayden ne va faire qu'accroître sa colère et sa détermination.

Sur OCS Choc dès 19h10 : Hatch : Protection rapprochée

De 21h00 à 22h55 20th Century Women

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h55 Tout public

A Santa Barbara, pendant l'été 1979, Dorothea Fields dirige une pension, rénovée avec l'aide de William, un client. Elle élève seule son fils Jamie, un adolescent. Elle a beau épouser les idées libertaires de l'époque, elle a de plus en plus de mal à le comprendre. Jamie lui reproche l'absence d'homme à la maison. Quand il se blesse après une figure en skate, elle demande l'aide de deux de ses locataires, Abbie, une photographe un peu punk, et Julie, une jeune fille qui cajole platoniquement et recueille les secrets de Jamie... - Critique : Au milieu du film, les personnages regardent tous ensemble, religieusement, la télévision : nous sommes en 1979, ceci explique cela. Américains, ils suivent l'un des derniers discours du président Jimmy Carter : « Nous nous rendons compte que la propriété et la consommation ne satisfont pas notre quête de sens. » Carter s'interroge ouvertement sur le changement de civilisation en cours. C'est un moment clé dans l'évolution des sociétés occidentales, entre la fin des contre-cultures idéalistes et le matérialisme cupide des années 1980. Aujourd'hui, ces propos tourmentés, quasi métaphysiques, paraissent inouïs de la part d'un président. Voilà le type de frisson que provoque 20th Century Women (« femmes du XXe siècle »), suite informelle de l'autobiographie entreprise par Mike Mills avec Beginners (2011). Le premier volet racontait le père, qui s'autorisait, à 75 ans seulement, à vivre son homosexualité. Ce film-ci remonte le temps pour évoquer la mère (jouée par Annette Bening) : à Santa Barbara, en 1979, elle est au milieu de sa cinquantaine, déjà divorcée, sans homme dans sa vie. Le fils (double du cinéaste) a 14 ans. Leur tête-à-tête se complique de jour en jour. Il lui reproche de se complaire dans le malheur et le célibat. Elle se sent mal placée pour lui apprendre la vie. Mais la maison est grande, il y a des locataires : un homme à tout faire pas vraiment remis de ses années hippies (Billy Crudup) et une artiste trentenaire ayant échoué à New York (Greta Gerwig). Il y a aussi une petite voisine qui s'incruste (Elle Fanning), délurée, un peu plus vieille que l'adolescent. Mike Mills affine encore son art d'agencer l'historique et l'intime, la fiction et les images d'archives (fugitives) : comme Beginners, le film rappelle souvent le style d'Alain Resnais, première période, avec ses collages foisonnants. Mais c'est d'abord un magnifique portrait de femme. Dépressive et énergique, permissive et autoritaire, coquette et négligée, sociable et solitaire : cette mère échappe à toutes les étiquettes psychologiques. Elle n'est pas non plus réductible à sa profession d'ingénieur, inhabituelle pour une femme née dans les années 1920. Bohème en apparence, elle pointe chaque matin, au petit déjeuner, le cours de ses actions en Bourse. Avec cette somme de nuances, Annette Bening tient son plus beau rôle. Le film séduit aussi par sa dramaturgie discrètement imprévisible. A priori domine la chronique (d'une époque, d'une maisonnée, d'un quartier de Santa Barbara). L'adolescent de 14 ans est à la fois celui qui raconte (en voix off) et celui qui regarde. Skateur, amateur de punk-rock, il découvre son désir pour les femmes à la lumière des acquis encore récents de la libération des moeurs et grâce aux discours sans tabou de celles qui le pouponnent... Mais cette reconstitution détaillée d'une période est peu à peu traversée, approfondie, voire contredite par les récits complets de la vie de chaque personnage. Le narrateur nous révèle leur passé et ce qu'ils sont devenus ensuite, après... Outre ses vertus romanesques, une telle narration mène le film vers une superbe touche finale : cette mère qu'on voit plutôt en panne, sans guère d'espoir, dans un automne mélancolique, on apprend incidemment qu'elle aura droit, encore des années plus tard, à son été indien. Happy end ! — Louis Guichard Lire le portrait d'Annette Bening dans notre numéro précédent.

Sur OCS Choc dès 21h00 : 20th Century Women

De 22h55 à 00h40 Cinq nouvelles du cerveau

Rediffusion Film documentaire 1h45 Tout public

Alors que les scientifiques continuent encore de tenter de percer tous les secrets et mystères du cerveau humain, d'autres en profitent pour développer parallèlement des recherches sur l'intelligence artificielle. Les espoirs de la communauté scientifique internationale repose sur l'ensemble de ces travaux : la synergie de toutes ces avancées et nouvelles découvertes permettra-t-elle de créer un humain parfait ? L'intelligence artificielle prendra-t-elle le relais pour combler les lacunes du cerveau humain, et vice versa ? Une plongée fascinante dans un microcosme qui détient probablement les clés pour offrir un avenir meilleur... - Critique : Documentariste passionnant qui aime tourner dans des lieux clos (une cour de justice, la voiture d’un leader populiste ou les coulisses de l’Opéra de Paris), le Suisse Jean-Stéphane Bron a cette fois investi un continent mouvant et fantasmatique : l’intelligence artificielle. Comment raconter les avancées de la science en la matière, alors que les laboratoires où s’écrit l’avenir de l’humanité n’ont rien de spectaculaire ? Le réalisateur opte pour un périple mental auprès de cinq scientifiques qui inventent ou anticipent différemment l’intelligence de demain. Le cerveau pourrait-il être artificiellement répliqué ? Les robots vont-ils nous aliéner ou nous émanciper ? À travers les histoires de ces chercheurs, leurs interactions, leur vision du monde, leur humanité, le film parvient à nous captiver. Sans perdre de vue que la science, poreuse aux imaginaires culturels (en l’occurrence celui de la science-fiction), est aussi un champ politique.

Sur OCS Choc dès 22h55 : Cinq nouvelles du cerveau