Ciné+ Premier : Programme TV de la chaîne Ciné+ Premier

En ce moment sur Ciné+ Premier :

22h20 Jusqu'ici tout va bien

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h31 Tout public
Jusqu'ici tout va bien

Les affaires vont mal pour Fred Bartel, le dynamique patron d'une agence de communication parisienne. Il doit plus d'un million d'euros au fisc. Pour échapper à la pression de l'administration, il doit installer son entreprise à La Courneuve. Son personnel rechigne mais est bien obligé d'accepter la situation. Sur place, Fred Bartel rencontre Samy, un maître-chien qui a peur de l'animal avec lequel il travaille. Pour bénéficier des avantages d'une zone franche, Bartel doit embaucher des gens qui habitent sur place. Il demande alors à Samy de l'aider. Mais rien ne va plus quand la banque décide de ne plus suivre l'entrepreneur... - Critique : Les employés d’une boîte de com parisienne suivraient leur boss « au bout du monde ». Ou presque. À l’idée de franchir le périph pour aller s’installer à La Courneuve, l’enthousiasme s’émousse. C’est pourtant la seule option qui s’offre à leur patron (Gilles Lellouche) pour échapper au fisc : du fait d’avoir utilisé une domiciliation fantôme dans un quartier classé en zone franche afin de bénéficier d’exonérations fiscales, il est contraint de déménager sa société dans une cité du « 9-3 ». On dirait une variante fictionnelle de Rendez-vous en terre inconnue : des Parisiens branchés plongés dans cette contrée étrange qu’est la banlieue. Tout est prétexte à incompréhensions et quiproquos, le moteur du film étant les préjugés de deux mondes qui s’ignoraient en évoluant à quelques kilomètres l’un de l’autre. Dommage que le réalisateur de La Vache préfère étirer une intrigue assez convenue et jouer sur des ressorts psychologiques faciles… Restent quelques bons moments de comédie, par une troupe attachante. Mention spéciale à Malik Bentalha dans le rôle du maître-chien gaffeur… et cynophobe.

1h 14min

À suivre, dès 23h51 : Poker Face (Rediffusion)

Ce soir sur Ciné+ Premier :

20h50 Menteur

Rediffusion Film : comédie 1h30 Tout public

Quadragénaire quelque peu égoïste, Jérôme n'hésite pas à se sortir des situations qu'il considère comme indésirables en usant de mensonges grossiers. Habitués à ses frasques, ses amis ne manquent toutefois jamais de lui reprocher son manque de franchise, mal inguérissable. Un jour, Jérôme constate avec stupéfaction que ses affabulations, même les plus fantasques, semblent se réaliser dans la foulée. Un dégât des eaux, des aventures inventées, les soucis médicaux, toutes ses inventions deviennent peu à peu réalité. Incapable de stopper le cours des événements, il tente d'anticiper les conséquences en se remémorant ses mensonges... - Critique : Mythomane invétéré, Jérôme (Tarek Boudali, loin de la « bande à » Philippe Lacheau) baratine sans complexe ni remords, sur tout et n’importe quoi. Il est en retard ? « J’ai eu un dégât des eaux. » Sa belle-sœur lui bat froid ? « Elle est folle de moi. » Il sèche le boulot ? « Je dois donner un rein à mon frère. » Ce n’est pas un péché capital, il n’empêche, le Niçois finit par se mettre Dieu à dos. Une leçon fantastique s’abat sur Monsieur Bobard : un pas beau jour, tous ses mensonges deviennent des vérités… Remake d’un film québécois inédit en France, Menteur mise tout (mais ça ne fait pas grand-chose à l’arrivée) sur son concept de départ, propice à moult délires puisque Jérôme se distingue aussi par sa mégalomanie — dans l’univers parallèle que ses fantasmes ont créé, par exemple, l’Agence spatiale européenne le poursuit de ses assiduités pour remplacer un Thomas Pesquet sujet au vertige. De la colère divine évoquée en coup de vent à la sous-intrigue vaguement sociale du film (Jérôme bosse sur un chantier naval en difficulté, mais, comme souvent dans la comédie française, la question du travail passe à l’as), chaque piste se voit ravalée au rang de prétexte baclé, puis sacrifiée sur l’autel d’un abattage gaguesque, à rendement très faible.

« Menteur » sur Ciné+ Premier

22h20 Jusqu'ici tout va bien

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h31 Tout public

Les affaires vont mal pour Fred Bartel, le dynamique patron d'une agence de communication parisienne. Il doit plus d'un million d'euros au fisc. Pour échapper à la pression de l'administration, il doit installer son entreprise à La Courneuve. Son personnel rechigne mais est bien obligé d'accepter la situation. Sur place, Fred Bartel rencontre Samy, un maître-chien qui a peur de l'animal avec lequel il travaille. Pour bénéficier des avantages d'une zone franche, Bartel doit embaucher des gens qui habitent sur place. Il demande alors à Samy de l'aider. Mais rien ne va plus quand la banque décide de ne plus suivre l'entrepreneur... - Critique : Les employés d’une boîte de com parisienne suivraient leur boss « au bout du monde ». Ou presque. À l’idée de franchir le périph pour aller s’installer à La Courneuve, l’enthousiasme s’émousse. C’est pourtant la seule option qui s’offre à leur patron (Gilles Lellouche) pour échapper au fisc : du fait d’avoir utilisé une domiciliation fantôme dans un quartier classé en zone franche afin de bénéficier d’exonérations fiscales, il est contraint de déménager sa société dans une cité du « 9-3 ». On dirait une variante fictionnelle de Rendez-vous en terre inconnue : des Parisiens branchés plongés dans cette contrée étrange qu’est la banlieue. Tout est prétexte à incompréhensions et quiproquos, le moteur du film étant les préjugés de deux mondes qui s’ignoraient en évoluant à quelques kilomètres l’un de l’autre. Dommage que le réalisateur de La Vache préfère étirer une intrigue assez convenue et jouer sur des ressorts psychologiques faciles… Restent quelques bons moments de comédie, par une troupe attachante. Mention spéciale à Malik Bentalha dans le rôle du maître-chien gaffeur… et cynophobe.

« Jusqu'ici tout va bien » sur Ciné+ Premier

Programme Ciné+ Premier de la journée d'aujourd'hui

Vendredi 12 Avril 2024

De 06h57 à 08h29 America Latina

Rediffusion Film : thriller 1h32 -10

Dentiste réputé de Latina, non loin de Rome, Massimo réussit aussi bien sa vie professionnelle que personnelle. Marié, père de deux filles, propriétaire d'une somptueuse villa, le quadragénaire coule des jours heureux auprès des siens. Un soir, un petit incident dans sa demeure le pousse à aller vérifier l'installation électrique dans sa cave, où il tombe des nues quand il découvre qu'une petite fille y gît, attachée et affaiblie. L'homme ne comprend en aucune manière comment cette dernière a pu atterrir en ce sombre endroit. Menant sa petite enquête pour éclaircir le mystère, il plonge dans le doute et cède peu à peu à la panique... - Critique : L’énorme villa, dans la banlieue de la ville de Latina, au sud de Rome, donne tous les signes de réussite. Mais dans la cave, le propriétaire et père de famille Massimo, dentiste affairé, fait une affreuse découverte : au milieu de détritus qui se sont accumulés, une jeune fille bien mal en point est enchaînée à un poteau, bâillonnée. Aussitôt, Massimo l’aide, lui donne à boire, s’inquiète. Et, curieusement, il ne la détache pas. Avec ce monde bourgeois qui cache en ses entrailles une horreur refoulée, les frères D’Innoncenzo, considérés comme de jeunes prodiges depuis Frères de sang (2018), semblent à la traîne du film coréen Parasite (2019), où le jeu avec le décor et les faux-semblants était autrement plus vertigineux. Ici, c’est un classique climat de tension psychologique qui s’installe : en voulant cacher à sa femme et à ses deux filles ce qui se passe dans leur maison, Massimo se condamne à une situation invivable. L’issue de l’histoire réserve des surprises, à condition de ne pas avoir vu l’affiche du film, bêtement explicite. Mais le huis clos familial vaut surtout pour sa dimension symbolique : le silence complice de ceux qui ne veulent pas voir la violence des crimes de la mafia, juste à côté d’eux. Reste une noirceur profonde et suffocante, comme dans cette cave où, sous les traits de Massimo, le grand Elio Germano nous fait croire au cauchemar.

Sur Cine Plus Premier dès 06h57 : America Latina

De 08h29 à 10h51 Traffic

Rediffusion Film : thriller 2h22 -10

Le juge Robert Wakefield quitte la Cour suprême pour prendre la direction de la lutte antidrogue. Parallèlement, sa fille, Caroline, qu'il a toujours négligée, sombre dans la toxicomanie. Au Mexique, Javier Rodriguez, un policier intègre, entre au service du général Salazar, qui prépare le démantèlement d'un réseau de trafiquants. En fait, Rodriguez découvre rapidement que son patron baigne lui-même dans des affaires louches. Il décide alors de collaborer avec la police américaine au Mexique. Au même moment, à San Diego, un père de famille, gros importateur, est dénoncé par un trafiquant récemment tombé dans les filets de la "Drug Enforcement Administration"...

Sur Cine Plus Premier dès 08h29 : Traffic

De 10h51 à 12h23 Le dernier des templiers

Rediffusion Film fantastique 1h32 -10

Alors qu'il retourne chez lui en Europe, le chevalier Behmen, valeureux croisé, marqué par la brutalité des combats et par le nombre des victimes innocentes, commence à s'interroger sur le bien-fondé de sa mission. Accompagné de son fidèle ami Felson, il quitte les rangs des croisés pour traverser des pays en proie à la peste noire. Alors qu'ils font une halte, ils sont sollicités par le cardinal d'Ambroise, qui leur ordonne d'escorter une jeune fille, soupçonnée d'être la sorcière responsable de l'épidémie. Accompagnés d'un guide et d'un prêtre, ils entament un périple meurtrier. Au cours du voyage, Behmen commence à penser que sa prisonnière est peut-être un bouc émissaire...

Sur Cine Plus Premier dès 10h51 : Le dernier des templiers

De 12h23 à 13h28 Still The Woman

Rediffusion Documentaire culture 1h5 Tout public

Grande habituée du festival de Cannes (un Grand Prix, un Carrosse d'or et une Caméra d'or), la réalisatrice Naomi Kawase insiste dans chacun de ses films sur la valeur du vivre ensemble intergénérationnel, et sur l'importance de la cohésion communautaire. Riche de conversations avec des actrices (Miki Mizuno, Ayama Mizaki, Kirin Kiri et Juliette Binoche), des femmes artistes, et avec la maire de Tokyo, le documentaire compose le portrait de la femme contemporaine japonaise, qui alimente aujourd'hui le souffle de l'âme japonaise. Téméraires et pleines d'énergie créatrice, descendantes cachées de la déesse Kannon, les femmes seraient, selon l'auteur, l'avenir du Japon.

Sur Cine Plus Premier dès 12h23 : Still The Woman

De 13h28 à 15h18 Les Banshees d'Inisherin

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h50 -10

Sur leur petite île au large de l'Irlande, Pádraic et Colm font figure d'inséparables pour les quelques centaines d'habitants de cet endroit coupé du monde. Pourtant, cette amitié de longue date prend soudainement fin quand Colm, du jour au lendemain, demande à Pádraic de ne plus lui adresser la parole. Totalement abasourdi, Pádraic tente de connaître les raisons de ce revirement, mais n'obtient que de vagues et mystérieuses explications, loin d'être satisfaisantes selon lui. Dès lors, il ne cesse de harceler son ancien acolyte qui se mure de plus en plus face à ce comportement qu'il juge déplacé, jusqu'à émettre des menaces... - Critique : Déjà nommé aux oscars en 2009 et 2018, le réalisateur de Bons baisers de Bruges et 3 Billboards, les panneaux de la vengeance pourrait remporter plus d’une statuette en 2023 avec ce nouveau film aux qualités innombrables. Une tragi-comédie qui nous plonge dans l’atmosphère charmante d’une petite île irlandaise pour mieux nous entraîner vers la folie, à partir d’une histoire comme il s’en raconte à l’école primaire, à l’heure de la récréation. Colm ne veut plus parler à Pádraic, qui ne lui a rien fait. Ils étaient les meilleurs amis du monde depuis toujours, l’un quadra et l’autre sexagénaire. Qu’est-ce que cela signifie ? L’incompréhension où nous laissent nos semblables est le thème central de cette fable qui sait trouver des résonances en nous, par-delà son excentricité ou grâce à celle-ci… Pour Martin McDonagh, réalisateur et auteur dramatique, les humains sont des êtres bizarres qui s’estiment normaux et ne voient ce que leur espèce a de tordu qu’à travers l’autre. Le conflit cruel et même sanguinolent qui sépare Colm et Pádraic se double, inextricablement, d’une relation en miroir. Comme la guerre civile qui se joue alors sur l’autre rive, dans l’Irlande de 1923. Une différence existe, malgré tout, entre les deux hommes : Colm veut créer, composer de la musique, ne plus perdre son temps à ces bavardages quotidiens qui ont, pour Pádraic, une valeur inestimable. Car rien ne vaut la joie de boire une bière avec un bon copain. Que le sens de la vie soit dans l’art ou dans une pinte partagée au pub, la réponse n’est pas donnée par le scénario, superbement écrit mais jamais sentencieux, cultivant le doute et vraiment troublant. Colm est un misanthrope parfois plein d’affection pour Pádraic, dont l’amitié indéfectible peut devenir autoritaire. Brendan Gleeson et Colin Farrell n’ont pas manqué cette occasion de briller dans un registre émouvant et toujours incertain. Leur performance est l’autre grand spectacle qui nous est offert, avec le décor naturel très impressionnant des îles d’Aran et d’Achill. Une immensité rude où passent un adorable petit âne et une banshee, figure du folklore irlandais réputée pour annoncer la mort. S’attendrir et trembler : presque un résumé de ce film étonnant de bout en bout.

Sur Cine Plus Premier dès 13h28 : Les Banshees d'Inisherin

De 15h18 à 17h03 Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City

Rediffusion Film d'horreur 1h45 -12

Installé à Raccoon City, un mystérieux groupe pharmaceutique, Umbrella Corporation, mène ses recherches sans éveiller le moindre soupçon jusqu'au jour où un dramatique accident force les employés à fuir précipitamment les lieux sans même prendre la peine de vider les locaux. Très vite, les survivants de la catastrophe comprennent que la situation échappe à tout contrôle et qu'ils vont devoir faire face aux lourdes conséquences des actes ignobles de l'entreprise, dont ils découvrent avec stupeur les réelles intentions. D'effrayantes et menaçantes créatures errent désormais dans les rues de la ville à la recherche de chair fraîche...

Sur Cine Plus Premier dès 15h18 : Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City

De 17h03 à 18h26 Les miens

Rediffusion Film : drame 1h23 Tout public

Très proches, Ryad et Moussa sont deux frères avec des caractères pourtant diamétralement opposés. L'un, Moussa, brille par son altruisme et ne manque pas une occasion de se montrer aux petits soins pour ses proches. L'autre, Ryad, un célèbre animateur de télévision, fait preuve d'un égocentrisme agaçant pour son entourage. Un jour, suite à un malheureux accident, Moussa se fait diagnostiquer un traumatisme crânien. Désormais métamorphosé, l'homme semble être devenu la copie conforme de son frère et s'attire les foudres de sa famille, déboussolée par ses dérapages verbaux. Seul Ryad paraît profiter d'une certaine bienveillance... - Critique : Au tout début du générique, ces deux noms l’un à côté de l’autre : Sami Bouajila et Roschdy Zem. La dualité émeut, une histoire de cinéma en soi, deux comédiens qui ont grandi en parallèle ou ensemble, l’un dirigeant l’autre une première fois (Omar m’a tuer) puis à nouveau, aujourd’hui. Comme si, au fil du temps, Roschdy, plus populaire, tenait à rappeler le talent de son « frère » Sami. Le titre le dit avec une simplicité enveloppante, il s’agit bien de famille dans ce sixième long métrage de Zem derrière la caméra, sans doute son meilleur, sûrement le plus intime. Soit l’histoire de Moussa, l’homme (trop ?) doux, le gentil d’une fratrie, qui, à la suite d’un grave choc cérébral, n’a plus de « filtres » et envoie tout le monde balader : ses enfants, sa sœur maternante, ses frères. Le seul de la tribu à échapper à sa soudaine agressivité ? Ryad, le plus égoïste, journaliste sportif riche et célèbre, auquel personne n’ose jamais rien demander puisque, de toute manière, il n’écoute pas. Roschdy Zem se donne ce rôle-là et ne se fait pas de cadeau, jouant à fond la carte de l’autocritique, en vedette déconnectée de sa famille. Laquelle est naturellement pleine de bosses, de tendres non-dits et de places stéréotypées : il y a celle qui « rend service » à tout le monde (épatante Meriem Serbah), ceux qui se taisent, ou encore la compagne, pièce rapportée qui n’a pas son mot à dire… Pour ce cinéma sincère et émotif, le réalisateur a bien fait de coécrire son scénario avec Maïwenn (qui incarne aussi, parfaitement, la compagne) : grâce à leur collaboration, il souffle dans Les Miens une magnifique énergie de tragi-comédie, encore réhaussée par une mise en scène qui sait embrasser le groupe. La troupe d’acteurs (dont le réalisateur Rachid Bouchareb) compose un clan d’une grande véracité, entre règlements de compte violents et pics comiques. Cœur du film, Sami Bouajila somnole, cache son chagrin, titube et crie son mal-être familial ou amoureux. Sa colère comme sa voix douce, un peu éteinte, bouleversent. Ce revigorant film de Roschdy Zem est aussi le sien.

Sur Cine Plus Premier dès 17h03 : Les miens

De 18h26 à 20h15 Les goûts et les couleurs

Rediffusion Film : comédie 1h49 -10

Alors qu'elle vient tout juste d'achever l'enregistrement d'un album avec Darédjane, populaire chanteuse rock des années 1970, Marcia apprend une bien triste nouvelle : son idole vient de décéder subitement, la laissant dans une profonde peine, et également dans l'impossibilité de sortir cet ultime album. En effet, la jeune femme apprend vite que Darédjane a légué ses droits à Anthony, un lointain parent avec lequel les relations n'étaient pas au beau fixe, et que ce dernier n'a aucune envie de prêter une quelconque attention à son oeuvre. Pour parvenir à ses fins, Marcia doit convaincre ce garçon au caractère bien particulier... - Critique : Comme il y a des chics types, il y a des chics films. Étranger au cynisme et généreux en humanité, le cinéma de Michel Leclerc se fréquente toujours avec plaisir. Quelques mois après l’émouvante échappée documentaire de Pingouin & Goéland et leurs 500 petits, le réalisateur du Nom des gens (2010) revient à la fiction avec une comédie nourrie de sa passion pour la musique. Accessoire (mais drôle) dans La Lutte des classes (2019), qui faisait d’Édouard Baer le batteur d’un groupe punk glapissant des paroles fort peu amènes pour le pape, la chanson se retrouve cette fois au cœur du film. Autrice et interprète d’un premier album remarqué, Marcia (Rebecca Marder) a convaincu son idole Daredjane (Judith Chemla, incroyable en vieille dame rock’n’roll, quelque part entre Catherine Ringer et Janis Joplin) de reprendre du micro. Quand cette dernière disparaît, leurs maquettes tombent dans l’escarcelle du seul héritier de la star, Anthony (irrésistible Félix Moati), simple placier au marché de Bures-sur-Yvette. Entre la « bobo » et le beau « beauf », il y a un fossé, social et culturel, dont Les Goûts et les Couleurs fait son miel, sans surplomb. C’est franchement charmant, même si léger quand on garde en mémoire la profondeur cruelle et mélancolique du Goût des autres, d’Agnès Jaoui (2000). Il n’empêche, la patte Leclerc opère, d’autant mieux qu’il connaît la chanson et soigne les textes des titres originaux qui émaillent le film – mention spéciale au superbe Me lancer dans l’inconnu, on veut le disque ! Icône imaginaire, comme le Guy d’Alex Lutz (2018), Daredjane balade l’actrice Judith Chemla dans l’histoire de la télé et du clip, entre Discorama et Lunettes noires pour nuits blanches, au gré de fausses archives archi savoureuses, et lui offre un rôle en or. L’autre excellente surprise est Rebecca Marder (Une jeune fille qui va bien), dont on connaissait le talent vibrant mais pas encore le joli brin de voix. En jeune artiste idéaliste découvrant l’amertume du show-business, elle illumine Les Goûts et les Couleurs. Et ça ne se discute pas.

Sur Cine Plus Premier dès 18h26 : Les goûts et les couleurs

De 20h15 à 20h50 Tchi tcha

Magazine du cinéma 35mn -10

Tchi Tcha traite de tous les cinémas avec curiosité à travers des sujets, des entretiens et quelques pépites du "Journal du cinéma" des années 90. Au programme également, une interview inédite et une mise en lumière des événements cinéma diffusés sur les chaînes Canal+.

Sur Cine Plus Premier dès 20h15 : Tchi tcha

De 20h50 à 22h20 Menteur

Rediffusion Film : comédie 1h30 Tout public

Quadragénaire quelque peu égoïste, Jérôme n'hésite pas à se sortir des situations qu'il considère comme indésirables en usant de mensonges grossiers. Habitués à ses frasques, ses amis ne manquent toutefois jamais de lui reprocher son manque de franchise, mal inguérissable. Un jour, Jérôme constate avec stupéfaction que ses affabulations, même les plus fantasques, semblent se réaliser dans la foulée. Un dégât des eaux, des aventures inventées, les soucis médicaux, toutes ses inventions deviennent peu à peu réalité. Incapable de stopper le cours des événements, il tente d'anticiper les conséquences en se remémorant ses mensonges... - Critique : Mythomane invétéré, Jérôme (Tarek Boudali, loin de la « bande à » Philippe Lacheau) baratine sans complexe ni remords, sur tout et n’importe quoi. Il est en retard ? « J’ai eu un dégât des eaux. » Sa belle-sœur lui bat froid ? « Elle est folle de moi. » Il sèche le boulot ? « Je dois donner un rein à mon frère. » Ce n’est pas un péché capital, il n’empêche, le Niçois finit par se mettre Dieu à dos. Une leçon fantastique s’abat sur Monsieur Bobard : un pas beau jour, tous ses mensonges deviennent des vérités… Remake d’un film québécois inédit en France, Menteur mise tout (mais ça ne fait pas grand-chose à l’arrivée) sur son concept de départ, propice à moult délires puisque Jérôme se distingue aussi par sa mégalomanie — dans l’univers parallèle que ses fantasmes ont créé, par exemple, l’Agence spatiale européenne le poursuit de ses assiduités pour remplacer un Thomas Pesquet sujet au vertige. De la colère divine évoquée en coup de vent à la sous-intrigue vaguement sociale du film (Jérôme bosse sur un chantier naval en difficulté, mais, comme souvent dans la comédie française, la question du travail passe à l’as), chaque piste se voit ravalée au rang de prétexte baclé, puis sacrifiée sur l’autel d’un abattage gaguesque, à rendement très faible.

Sur Cine Plus Premier dès 20h50 : Menteur

De 22h20 à 23h51 Jusqu'ici tout va bien

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h31 Tout public

Les affaires vont mal pour Fred Bartel, le dynamique patron d'une agence de communication parisienne. Il doit plus d'un million d'euros au fisc. Pour échapper à la pression de l'administration, il doit installer son entreprise à La Courneuve. Son personnel rechigne mais est bien obligé d'accepter la situation. Sur place, Fred Bartel rencontre Samy, un maître-chien qui a peur de l'animal avec lequel il travaille. Pour bénéficier des avantages d'une zone franche, Bartel doit embaucher des gens qui habitent sur place. Il demande alors à Samy de l'aider. Mais rien ne va plus quand la banque décide de ne plus suivre l'entrepreneur... - Critique : Les employés d’une boîte de com parisienne suivraient leur boss « au bout du monde ». Ou presque. À l’idée de franchir le périph pour aller s’installer à La Courneuve, l’enthousiasme s’émousse. C’est pourtant la seule option qui s’offre à leur patron (Gilles Lellouche) pour échapper au fisc : du fait d’avoir utilisé une domiciliation fantôme dans un quartier classé en zone franche afin de bénéficier d’exonérations fiscales, il est contraint de déménager sa société dans une cité du « 9-3 ». On dirait une variante fictionnelle de Rendez-vous en terre inconnue : des Parisiens branchés plongés dans cette contrée étrange qu’est la banlieue. Tout est prétexte à incompréhensions et quiproquos, le moteur du film étant les préjugés de deux mondes qui s’ignoraient en évoluant à quelques kilomètres l’un de l’autre. Dommage que le réalisateur de La Vache préfère étirer une intrigue assez convenue et jouer sur des ressorts psychologiques faciles… Restent quelques bons moments de comédie, par une troupe attachante. Mention spéciale à Malik Bentalha dans le rôle du maître-chien gaffeur… et cynophobe.

Sur Cine Plus Premier dès 22h20 : Jusqu'ici tout va bien

De 23h51 à 01h22 Poker Face

Rediffusion Film : thriller 1h31 -10

Le milliardaire Jake Foley convie des amis d'enfance dans sa luxueuse propriété pour une partie de poker à la mise de départ impressionnante. Ses convives ignorent que leur hôte a en réalité pour objectif de se venger de leurs trahisons et veut les obliger à révéler des secrets bien enfouis. Mais rien ne se passe comme prévu. En effet, des voleurs s'introduisent dans la demeure pour y dérober des toiles de maîtres, et Jake et ses amis doivent unir leurs forces pour survivre. - Critique : Que cherche Jack Foley, le roi des jeux d’argent en ligne, en invitant tous ses vieux copains d’enfance à une ultime soirée poker très spéciale dans sa luxueuse villa ? Il est bien difficile d’apporter une réponse claire à cette question, tant l’histoire est brouillonne, mal fichue, sans cesse réorientée du polar (y a-t-il une machination ?.. Qui trahit qui ? ) au mélo testamentaire (notre héros, gravement malade, s’interroge interminablement sur le sens de la vie). Malgré un casting de luxe (Russell Cowe lui-même, des deux côtés de la caméra, mais aussi Liam Hemsworth ou encore le rapper RZA), rien, ou presque, ne fonctionne : les personnages manquent de consistance, l’intrigue à tiroirs se développe en grinçant sur des rouages mal vissés, le suspense ne cesse de faire flop, malgré l’improbable renfort d’une bande de méchants cambrioleurs à mi-parcours. Du « poker », on ne verra ici ni l’habileté retorse, ni le côté ludique. Juste... les cartes. Le huis-clos entre vieilles canailles sur fond de vagues trahisons n’est pas plus captivant. Même pas cruel. Restent des décors chics, un peu de philo pour les nuls en voix off, et un montage inutilement alambiqué. La promesse d’une vie (2014), le premier long métrage de Russell Crowe en tant que réalisateur ne manquait pas de défauts, mais avait le mérite de traiter avec sensibilité d’un sujet historique fort, autour du trauma de la première guerre mondiale. On dirait bien que depuis, il a un peu perdu la main.

Sur Cine Plus Premier dès 23h51 : Poker Face