Ciné+ Premier : Programme TV de la chaîne Ciné+ Premier

En ce moment sur Ciné+ Premier :

20h50 Cloverfield

Film de science-fiction 1h23 -10
Cloverfield

Rob est indécis. Il vient d'être recruté pour un travail passionnant et très rémunérateur au Japon. Or, il tient beaucoup à Beth, sa petite amie. Doit-il quitter New York et laisser la jeune femme derrière lui ? Lorsqu'il découvre que ses amis ont organisé une grande soirée pour son départ, Rob espère parler de l'avenir avec Beth. Mais, alors que la fête bat son plein, une terrible secousse ébranle l'immeuble. Tous sortent précipitamment du bâtiment. Une fois dans la rue, ils constatent que d'incroyables destructions frappent Manhattan. L'armée tente d'intervenir et ordonne l'évacuation. Pour Rob, il est hors de question de quitter la ville sans s'assurer que Beth est en sécurité... - Critique : Cette superproduction hollywoodienne raconte la destruction de New York par un monstre géant, mais en format amateur, à travers la vidéo subjective d’un habitant paniqué mais endurant. Ça commence dans une fête de jeunes gens beaux, riches et têtes à claques, puis ça se poursuit, en temps réel, dans les rues, au milieu des décombres, et ensuite dans le métro, où la grosse bête en a dépêché de plus petites. Les effets spéciaux numériques sont bien là, mais l’image tressaute, la psychologie est réduite au minimum ou à l’invraisemblable — faire marche arrière pour sauver une ­petite amie au 36e étage d’un gratte-ciel éventré ne va pas de soi. Et pourtant : le procédé a beau être systématique, il se révèle efficace et riche. Il ramasse l’action et facilite la proximité avec les héros anonymes. L’image fantôme du 11 Septembre ne cesse de hanter Cloverfield . En prime surgit par fragments, sous le film que l’on est en train de voir, celui d’une journée romantique à la fête foraine de Coney Island. Un petit bout de bonheur déjà balayé par l’horreur. Montrer d’un même mouvement l’avant et l’après-catastrophe : l’effet glaçant est garanti.

Programme terminé

À suivre, dès 22h13 : Doctor Sleep (Rediffusion)

Ce soir sur Ciné+ Premier :

20h50 Cloverfield

Film de science-fiction 1h23 -10

Rob est indécis. Il vient d'être recruté pour un travail passionnant et très rémunérateur au Japon. Or, il tient beaucoup à Beth, sa petite amie. Doit-il quitter New York et laisser la jeune femme derrière lui ? Lorsqu'il découvre que ses amis ont organisé une grande soirée pour son départ, Rob espère parler de l'avenir avec Beth. Mais, alors que la fête bat son plein, une terrible secousse ébranle l'immeuble. Tous sortent précipitamment du bâtiment. Une fois dans la rue, ils constatent que d'incroyables destructions frappent Manhattan. L'armée tente d'intervenir et ordonne l'évacuation. Pour Rob, il est hors de question de quitter la ville sans s'assurer que Beth est en sécurité... - Critique : Cette superproduction hollywoodienne raconte la destruction de New York par un monstre géant, mais en format amateur, à travers la vidéo subjective d’un habitant paniqué mais endurant. Ça commence dans une fête de jeunes gens beaux, riches et têtes à claques, puis ça se poursuit, en temps réel, dans les rues, au milieu des décombres, et ensuite dans le métro, où la grosse bête en a dépêché de plus petites. Les effets spéciaux numériques sont bien là, mais l’image tressaute, la psychologie est réduite au minimum ou à l’invraisemblable — faire marche arrière pour sauver une ­petite amie au 36e étage d’un gratte-ciel éventré ne va pas de soi. Et pourtant : le procédé a beau être systématique, il se révèle efficace et riche. Il ramasse l’action et facilite la proximité avec les héros anonymes. L’image fantôme du 11 Septembre ne cesse de hanter Cloverfield . En prime surgit par fragments, sous le film que l’on est en train de voir, celui d’une journée romantique à la fête foraine de Coney Island. Un petit bout de bonheur déjà balayé par l’horreur. Montrer d’un même mouvement l’avant et l’après-catastrophe : l’effet glaçant est garanti.

« Cloverfield » sur Ciné+ Premier

22h13 Doctor Sleep

Rediffusion Film d'horreur 2h28 -12

Suite de Shining de Stanley Kubrick. Encore profondément marqué par le traumatisme qu'il a vécu, enfant, à l'Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu'elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d'innocents comme elle pour conquérir l'immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s'engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l'innocence de la jeune fille et à sa manière d'accepter son don, Dan n'a d'autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s'il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé… - Critique : C’est l’histoire d’un type qui a eu une enfance difficile, à force d’entendre des voix et de faire du vélo tout seul. Surtout, feu son père, alcoolique et cinglé, a voulu le corriger à coups de hache dans le foyer familial, un hôtel sinistre, isolé et surbooké de fantômes. Lesquels, depuis, ne cessent de revenir le tourmenter. Le pire étant une dame verdâtre, avide et fripée, qui pratique la hantise naturiste. Vous l’avez reconnu, c’est bien lui : le petit Danny Torrance de Shining, double monument culturel, écrit par Stephen King en 1977 et adapté trois ans plus tard par Stanley Kubrick. Doctor Sleep est une suite tardive : en 2013, l’écrivain s’est décidé à publier les aventures horrifiques d’un Danny adulte, traumatisé et déglingué. Si ce personnage, repêché dans les archives les plus précieuses de notre imaginaire, conserve un peu de sa magie dans le roman, il en va tout autrement dans cette adaptation flambant neuve. Doctor Sleep, le film, semble tourné et monté à la hache par Torrance père. Mike Flanagan – pourtant spécialiste des spectres, depuis l’excellente série The Haunting of Hill House – ne sait manifestement pas quoi faire de l’intrigue principale : où Dan Torrance (Ewan McGregor, très déprimé) qui a toujours le « shining » (ou le « don », en VF) vole au secours d’une gamine encore plus médium que lui, poursuivie par une bande de vampires spirites un peu gitans qui aiment bouloter l’âme des petits enfants. Transitions expédiées, héros sans substance (même Rebecca Ferguson, la méchante en chef, sorte de goule baba cool, ressemble plus à votre prof de yoga qu’à votre pire cauchemar), séquences bâclées, si lisses qu’elles n’offrent aucune prise au suspense. Encore moins à l’épouvante ou au merveilleux. Tout s’explique vers la fin (lointaine : le film dure plus de 2h30 !) de ce gâchis : en bon cinéphile, Mike Flanagan ne pensait qu’à son écrasant modèle, ne filmait que pour retourner admirer l’Overlook, le célébrissime hôtel du Shining de Kubrick. C’est là que tout se conclut, c’est là qu’on nous invite à une visite guidée, avec toutes les attractions : flots de sang, jumelles spectrales en robes bleues, moquette géométrique, et bien sûr, la chambre 237 et sa dame à poil. Un sosie de Jack Nicholson complète, entre autres, ce moment gênant, façon parc à thème. Là où, dans Ready Player One, Steven Spielberg reconstituait l’Overlook avec brio et réussissait un hommage ludique, Mike Flanagan ne parvient qu’à s’agiter dans un décor vidé de toute sa puissance. Le fantôme de Stanley Kubrick ne se laisse pas invoquer par n’importe qui.

« Doctor Sleep » sur Ciné+ Premier

Programme Ciné+ Premier de la journée d'aujourd'hui

Mardi 03 Août 2021

De 06h00 à 06h51 Fiction

Rediffusion Documentaire : cinéma 51mn Tout public

Longtemps dépeint au cinéma comme un personnage inquiétant et névrosé, le scientifique apparaît de plus en plus comme un héros positif et aventureux.

Sur Cine Plus Premier dès 06h00 : Fiction

De 06h51 à 08h30 En solitaire

Rediffusion Film : drame 1h39 Tout public

Yann Kermadec, skipper ambitieux, va enfin toucher son rêve du doigt. Il est autorisé à prendre le départ du Vendée Globe quand son ami Franck Drevil est contraint d'abandonner. Tout se déroule très bien : il parvient même à accéder à la seconde place. Il est en bonne position pour gagner cette course mythique quand il découvre la présence à bord du jeune Mano Ixa, un immigré clandestin qui veut se rendre au Brésil. Pour Yann, c'est la catastrophe. Il est alors obligé de cohabiter avec son passager et de se dérouter. Son ami Franck et Marie, sa femme, se demandent ce qu'il se passe dans sa tête et quelles sont ses intentions... - Critique : | Genre : capitaine courageux. Engagé sur le Vendée Globe, Yann Kermadec (François Cluzet) part faire son tour du monde en solitaire. Lors d'une première escale forcée, un adolescent mauritanien s'invite en passager clandestin sur son voilier. Or, pour avoir une chance de gagner, le skippeur doit rester seul à bord... La confrontation entre le navigateur et le jeune garçon offre des moments assez forts. Loin des discours sur la situation des réfugiés, le film va à l'essentiel, parle d'honneur, sportif et moral, et de solidarité. Un propos généreux auquel le chevronné Cluzet sait apporter une vérité parfois violente. — Frédéric Strauss

Sur Cine Plus Premier dès 06h51 : En solitaire

De 08h30 à 11h09 The Dark Knight Rises

Rediffusion Film d'action 2h39 -10

Cela fait huit ans maintenant que Batman a tourné le dos à ses activités de justicier pour endosser le rôle du fugitif. Il a choisi d'assumer l'entière responsabilité de la mort du procureur Harvey Dent, sacrifiant tout ce qu'il avait de plus cher afin de préserver l'idéal qu'il partage avec le commissaire Gordon. Pendant un temps, grâce au Dent Act, une série de lois anti-crime, le nombre de délits a baissé sensiblement à Gotham. Mais l'arrivée d'une cambrioleuse agile au masque de chat pourrait bien inverser la tendance. Plus dangereux encore, Bane, un terroriste, oblige Batman a sortir de sa réserve. L'issue du duel se révèle incertaine... - Critique : | Genre : Batman ultra violent. Une fusillade avec douze morts dans un cinéma du Colorado, l’été 2012, a fait de The Dark Knight rises l’un de ces films tragiquement rattrapés par leur sujet : comparée à la vision de Tim Burton dans les années 1980-1990, celle de Christopher Nolan aura consisté à injecter massivement du réalisme dans la saga Batman, notamment à travers le personnage de terroriste masqué. Les inégalités sociales, les manipulations boursières et le déclassement express sont les leitmotivs du Batman des années 2010. Cet ancrage volontariste dans le présent a ses ratés. S’il filme la foule de Gotham City comme une manifestation d’Indignés, Nolan peine à marquer une distance avec l’obsession sécuritaire inhérente à la BD d’origine, ou avec le culte d’un Etat policier droit dans ses bottes. En revanche, son sens du spectaculaire reste soufflant. Il sait jongler avec les niveaux de récit, relancer l’intrigue toutes les dix minutes, fabriquer quelques situations d’anthologie. On regrette qu’il n’ait pas empêché Marion Cotillard de louper sa dernière scène… Mais le cinéaste reste le seul auteur de blockbusters à filmer avec la même attention l’explosion d’un stade et une conversation furtive. A savoir passer sans cesse du gigantisme à l’intimisme, et traquer dans le regard de ses acteurs surcoachés la moindre lueur d’ambiguïté.

Sur Cine Plus Premier dès 08h30 : The Dark Knight Rises

De 11h09 à 13h33 Inception

Rediffusion Film de science-fiction 2h24 -10

Dom Cobb est un voleur expérimenté, passé maître dans l'art de l'extraction, un homme très prisé dans l'univers parallèle de l'espionnage industriel. Sa spécialité consiste en effet à s'approprier les secrets les plus précieux, les plus intimes d'un individu pendant son sommeil. Mais Dom Cobb est aussi un fugitif traqué dans le monde entier, un homme qui a perdu tout ce qui lui était cher. Une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d'avant : au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l'inverse, c'est-à-dire implanter une idée dans l'esprit d'un homme. S'ils y parviennent, ils pourraient avoir accompli le crime parfait... - Critique : Qui a rêvé d’une ville dont les rues montent à la verticale pour former des parois masquant l’horizon ? C’est tout le problème d’Inception. L’action est supposée se tenir dans la tête de dormeurs — DiCaprio espionne les secrets d’autrui en pénétrant leur cerveau en sommeil. Mais le film, malgré ses trouvailles visuelles, peine à restituer le monde et la logique des rêves. Il est comme écrasé par les très gros moyens octroyés à Christopher Nolan, après le triomphe de sa trilogie Batman. Une fausse bonne idée consiste notamment à mettre en scène le rêve comme un jeu vidéo en ligne. Les fusillades monstres s’enchaînent sans fin, par paliers de difficulté croissante, sans nécessité dramaturgique. C’est d’autant plus dommage que les pistes passionnantes ne manquent pas : la mort comme seul moyen de se réveiller, ou encore les rêves dans le rêve, avec dilatation et contraction du temps. Mais au lieu d’être la matière même du film, ce ne sont que des trucs passagers au service d’une grosse machine à rentabiliser.

Sur Cine Plus Premier dès 11h09 : Inception

De 13h33 à 15h35 Mon roi

Rediffusion Film : drame 2h2 -10

Tony vient d'être admise dans un centre de rééducation sportif après une chute de ski. Lors d'un entretien avec la psychologue de l'établissement, la jeune femme accepte l'idée que sa blessure au genou, qui nécessitera une longue et difficile rééducation, est probablement liée à l'état dans lequel elle se trouve. Tony se remémore alors les dernières années : elle se souvient d'abord de sa rencontre, au cours d'une soirée, avec Georgio, un restaurateur séduisant et impulsif. Au départ conquise par ce personnage hors norme, elle constate peu à peu qu'il peut se montrer aussi égoïste que manipulateur... - Critique : Maïwenn retrouve l’énergie brute de Pardonnez-moi, son premier long métrage, déjà autobiographique, pour cette histoire de femme qui finit rompue à force d’aimer « le roi des connards ». Georgio se présente en effet ainsi, lors de sa première nuit avec elle. Mais il est si séduisant… Partager son existence est une promesse de vivre plus fort. Alors elle signe pour un mariage avec enfant, tromperie, mensonges, regains de bonheur tonitruants, alcool et calmants… Rendre leur virginité à des chemins mille fois empruntés, c’est la force de Maïwenn : Mon roi n’est pas le portrait à charge d’un pervers narcissique, mais un film sur l’addiction amoureuse et ses mystères. Emmanuelle Bercot, impliquée corps et âme dans les rires, les cris et les larmes, est magnifique. Mais le film repose, surtout, sur le jeu captivant de Vincent Cassel, philtre d’amour et poison ravageur dans la même seconde. Comme l’héroïne, jusqu’à la fin, on ne peut quitter ce roi des yeux.

Sur Cine Plus Premier dès 13h33 : Mon roi

De 15h35 à 17h57 Mulholland Drive

Rediffusion Film : thriller 2h22 Tout public

Un violent accident de voiture sur la route de Mulholland Drive sauve une femme de ses poursuivants. Hagarde, la belle s'enfonce dans la nature et se réfugie dans une demeure inoccupée. Le lendemain, Betty Elms débarque à l'aéroport de Los Angeles. Actrice, elle compte bien devenir une star, et sa tante, partie sur un tournage, lui prête son appartement. Dans la salle de bains, Betty découvre avec surprise l'accidentée, terrée et terrifiée. Prise de compassion pour l'infortunée, qui se révèle amnésique, elle décide de l'héberger tout en l'aidant à retrouver peu à peu des bribes de son passé. Leurs seuls indices résident dans un sac rempli d'argent et une mystérieuse clé bleue... - Critique : Roman d’amour dans la cité des rêves, hommage vitriolé à Hollywood, cauchemar éveillé d’amante délaissée, vertigineuse traversée des miroirs, le chef-d’œuvre lynchien est incrusté de références au cinéma classique — Sueurs froides, En quatrième vitesse, Gilda… Mais le scintillement des mythes n’empêche pas une somptueuse création romanesque : déstructuré en apparence, Mulholland Drive est aussi un film « normal », figuratif, dont on peut ­tirer l’histoire au clair (la première partie serait le songe ultime de l’héroïne de la seconde moitié). Sa faille mystérieuse au milieu du ­récit, sorte de trou noir au sortir duquel tout est reconfiguré, a influencé beaucoup de cinéastes depuis. Les deux protagonistes figurent parmi les plus belles apparitions de l’histoire du cinéma américain. De Betty la blonde ingénue, aspirante actrice, et Rita la brune amnésique, voluptueuse accidentée, qui est l’élue des dieux hollywoodiens ? Rendez-vous sur les hauteurs de Los Angeles. et dans les profondeurs de l’inconscient pour un grand film schizo et parano, grisant et vénéneux, qui fait un mal monstre et un bien fou.

Sur Cine Plus Premier dès 15h35 : Mulholland Drive

De 17h57 à 18h07 Martien

Rediffusion Film 10mn -10
Sur Cine Plus Premier dès 17h57 : Martien

De 18h07 à 20h14 L'écume des jours

Rediffusion Film : comédie dramatique 2h7 Tout public

Jeune homme fantasque et idéaliste, Colin coule des jours heureux et oisifs dans son magnifique appartement parisien, entouré de Nicolas, son cuisinier, avocat et maître à penser, et de son ami Chick, un inconditionnel du philosophe Jean-Sol Partre. Grâce à ses confortables moyens, Colin n'a pas besoin de travailler. Il ne lui manque que l'amour, qu'il rencontre lors d'une soirée en la personne de Chloé, une jeune femme gracile et douce. Les deux jeunes gens se marient et goûtent au bonheur, jusqu'à ce que Chloé tombe malade. Un nénuphar grandit dans son poumon droit. Pour Colin et Chloé, mais aussi pour leurs proches, le monde s'écroule peu à peu... - Critique : POUR Certains livres sont faits, dit-on, pour tel ou tel metteur en scène. Mais lorsque ce dernier finit par l'adapter, après l'avoir longtemps « porté » en lui, il arrive souvent que le résultat soit décevant, compassé, empêché par trop de respect pour l'oeuvre — tel Tim Burton avec Alice au pays des merveilles. Rien de tel ici : le fameux roman de Boris Vian stimule l'imaginaire de Gondry, tout en le contraignant à une certaine rigueur qui lui faisait parfois défaut encore. Soit Colin (Romain Duris), jeune homme oisif et aisé, timide et romantique, qui vit dans un étrange appartement s'étendant sur deux immeubles, reliés par une passerelle dont la déco rappelle les anciens wagons de métro. Autour de lui gravitent un maître d'hôtel raffiné (Omar Sy) et un ami cher, Chick (Gad Elmaleh), obsédé par la figure du philosophe Jean-Sol Partre (sic). Un beau jour, Colin rencontre Chloé (Audrey Tautou) dans une fête. Ils tombent amoureux et se marient. Bonheur de courte durée : un nénuphar inquiétant se met à pousser dans le poumon de Chloé... Résumer ainsi l'histoire, à dire vrai, ne rime pas à grand-chose, tant priment les humeurs et le non-sens poétique. On plonge dans la pure fantasmagorie. Celui d'un Paris rétro-futuriste qui mêle les époques (l'après-guerre, les années 1970...), où la matière même des objets et des décors, mouvante, capricieuse, dicte l'action. C'est l'idée forte de Michel Gondry : faire en sorte que la moindre substance, de l'aliment à la voiture (personnalisée) en passant par le « pianocktail », soit un personnage doué de vie. Un vecteur de fragi­lité. Qui sont alors Colin, Chloé et les autres ? Des spectateurs, surtout, curieux de tout, éblouis, intrigués. Qu'ils se rendent à une conférence de Partre ou qu'ils pique-niquent, rien ne se passe jamais comme prévu. Tout est vraiment bizarre, comme dans un rêve. On évolue dans un monde où ce qui est féerique recèle un absurde, qui va croître jusqu'à être oppressant — les murs des pièces se resserrent. Une angoisse filtre, une impuissance face au temps qui se dérègle, face aux êtres aimés, de plus en plus lointains. L'addiction de Chick, la maladie de Chloé, tout cela transparaît et transpire à l'écran, à travers la décomposition, le pourrissement des choses. L'Ecume des jours est un film organique, biologique, de lymphes, d'humus et de bile noire. Où il est difficile de distinguer le règne végétal, animal, minéral. Ce cinéma de visions est d'autant plus troublant qu'il est orchestré avec une apparente simplicité. Michel Gondry ne recourt pas à une armada d'effets numériques. Son film est tout sauf spectaculaire. Car la mise en scène, très artisanale sinon archaïque, porte sur le concret du quotidien. Le réalisateur ne s'attarde jamais sur ses inventions, il les filme comme en passant. C'est cette magie furtive, souterraine, qui séduit. A l'exemple du traitement chromatique. Au fil des séquences, sans qu'on s'en aperçoive forcément, les couleurs, déjà un peu jaunies, un peu ternies, s'estompent. Lentement mais sûrement... — Jacques Morice CONTRE On pouvait se réjouir que l'imaginatif Gondry se mette au service de l'imaginaire de Vian. Mais c'est l'inverse qui se produit. L'univers de l'écrivain ne semble là que pour justifier les fantaisies d'un cinéaste qui en rajoute dans le farfelu bricolé, jusqu'à étouffer L'Ecume des jours sous un amas de trouvailles bordélique. La signature de Gondry vampirise tout. Son art des petits mécanismes merveilleux sombre dans un systématisme qui tue la poésie en la produisant à la chaîne. Quand les amoureux montent en l'air sur un nuage tenu au bout d'une grue, on a l'impression de regarder un documentaire sur un tournage, de ne voir que l'envers du décor. C'est plutôt laid et ça ne produit pas de magie. A rendre vivants les moindres objets, le cinéaste en oublie ce qui vit : les acteurs ; qu'il intègre à ses installations, comme des jouets sur son manège. Se pliant à toutes les fantaisies, dotés à l'occasion de jambes immenses mais jamais vraiment regardés, les comédiens ne semblent là que pour leur valeur marchande. A eux d'attirer le public. Gondry, lui, se charge de la partie créative du film. Mauvaise donne. — Frédéric Strauss

Sur Cine Plus Premier dès 18h07 : L'écume des jours

De 20h14 à 20h29 Hollywood Live : Sport et cinéma

Rediffusion Magazine du cinéma 15mn Tout public

Les dernières nouvelles du cinéma nord-américain : tapis rouges des avant-premières, interviews de stars, secrets de tournage, visites dans les arcanes des grands studios, présentées par Ramzi Malouki.

Sur Cine Plus Premier dès 20h14 : Hollywood Live

De 20h29 à 20h50 Par ici les sorties

Magazine du cinéma 21mn Tout public

Raconté par une voix off, ce Tout en images est émaillé d'extraits des films qui sortent en salles.

Sur Cine Plus Premier dès 20h29 : Par ici les sorties

De 20h50 à 22h13 Cloverfield

Film de science-fiction 1h23 -10

Rob est indécis. Il vient d'être recruté pour un travail passionnant et très rémunérateur au Japon. Or, il tient beaucoup à Beth, sa petite amie. Doit-il quitter New York et laisser la jeune femme derrière lui ? Lorsqu'il découvre que ses amis ont organisé une grande soirée pour son départ, Rob espère parler de l'avenir avec Beth. Mais, alors que la fête bat son plein, une terrible secousse ébranle l'immeuble. Tous sortent précipitamment du bâtiment. Une fois dans la rue, ils constatent que d'incroyables destructions frappent Manhattan. L'armée tente d'intervenir et ordonne l'évacuation. Pour Rob, il est hors de question de quitter la ville sans s'assurer que Beth est en sécurité... - Critique : Cette superproduction hollywoodienne raconte la destruction de New York par un monstre géant, mais en format amateur, à travers la vidéo subjective d’un habitant paniqué mais endurant. Ça commence dans une fête de jeunes gens beaux, riches et têtes à claques, puis ça se poursuit, en temps réel, dans les rues, au milieu des décombres, et ensuite dans le métro, où la grosse bête en a dépêché de plus petites. Les effets spéciaux numériques sont bien là, mais l’image tressaute, la psychologie est réduite au minimum ou à l’invraisemblable — faire marche arrière pour sauver une ­petite amie au 36e étage d’un gratte-ciel éventré ne va pas de soi. Et pourtant : le procédé a beau être systématique, il se révèle efficace et riche. Il ramasse l’action et facilite la proximité avec les héros anonymes. L’image fantôme du 11 Septembre ne cesse de hanter Cloverfield . En prime surgit par fragments, sous le film que l’on est en train de voir, celui d’une journée romantique à la fête foraine de Coney Island. Un petit bout de bonheur déjà balayé par l’horreur. Montrer d’un même mouvement l’avant et l’après-catastrophe : l’effet glaçant est garanti.

Sur Cine Plus Premier dès 20h50 : Cloverfield

De 22h13 à 00h41 Doctor Sleep

Rediffusion Film d'horreur 2h28 -12

Suite de Shining de Stanley Kubrick. Encore profondément marqué par le traumatisme qu'il a vécu, enfant, à l'Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu'elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d'innocents comme elle pour conquérir l'immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s'engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l'innocence de la jeune fille et à sa manière d'accepter son don, Dan n'a d'autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s'il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé… - Critique : C’est l’histoire d’un type qui a eu une enfance difficile, à force d’entendre des voix et de faire du vélo tout seul. Surtout, feu son père, alcoolique et cinglé, a voulu le corriger à coups de hache dans le foyer familial, un hôtel sinistre, isolé et surbooké de fantômes. Lesquels, depuis, ne cessent de revenir le tourmenter. Le pire étant une dame verdâtre, avide et fripée, qui pratique la hantise naturiste. Vous l’avez reconnu, c’est bien lui : le petit Danny Torrance de Shining, double monument culturel, écrit par Stephen King en 1977 et adapté trois ans plus tard par Stanley Kubrick. Doctor Sleep est une suite tardive : en 2013, l’écrivain s’est décidé à publier les aventures horrifiques d’un Danny adulte, traumatisé et déglingué. Si ce personnage, repêché dans les archives les plus précieuses de notre imaginaire, conserve un peu de sa magie dans le roman, il en va tout autrement dans cette adaptation flambant neuve. Doctor Sleep, le film, semble tourné et monté à la hache par Torrance père. Mike Flanagan – pourtant spécialiste des spectres, depuis l’excellente série The Haunting of Hill House – ne sait manifestement pas quoi faire de l’intrigue principale : où Dan Torrance (Ewan McGregor, très déprimé) qui a toujours le « shining » (ou le « don », en VF) vole au secours d’une gamine encore plus médium que lui, poursuivie par une bande de vampires spirites un peu gitans qui aiment bouloter l’âme des petits enfants. Transitions expédiées, héros sans substance (même Rebecca Ferguson, la méchante en chef, sorte de goule baba cool, ressemble plus à votre prof de yoga qu’à votre pire cauchemar), séquences bâclées, si lisses qu’elles n’offrent aucune prise au suspense. Encore moins à l’épouvante ou au merveilleux. Tout s’explique vers la fin (lointaine : le film dure plus de 2h30 !) de ce gâchis : en bon cinéphile, Mike Flanagan ne pensait qu’à son écrasant modèle, ne filmait que pour retourner admirer l’Overlook, le célébrissime hôtel du Shining de Kubrick. C’est là que tout se conclut, c’est là qu’on nous invite à une visite guidée, avec toutes les attractions : flots de sang, jumelles spectrales en robes bleues, moquette géométrique, et bien sûr, la chambre 237 et sa dame à poil. Un sosie de Jack Nicholson complète, entre autres, ce moment gênant, façon parc à thème. Là où, dans Ready Player One, Steven Spielberg reconstituait l’Overlook avec brio et réussissait un hommage ludique, Mike Flanagan ne parvient qu’à s’agiter dans un décor vidé de toute sa puissance. Le fantôme de Stanley Kubrick ne se laisse pas invoquer par n’importe qui.

Sur Cine Plus Premier dès 22h13 : Doctor Sleep