Ciné+ Émotion : Programme TV de la chaîne Ciné+ Émotion

En ce moment sur Ciné+ Émotion :

05h45 Nos enfants chéris

Rediffusion Film : comédie 1h23 Tout public
Nos enfants chéris

Peu avant son départ en vacances dans la maison de campagne de ses parents, Martin, la trentaine, croise dans un supermarché son amour de jeunesse, Constance. Depuis qu'ils se sont quittés, celle-ci s'est mariée avec Arnaud et a eu deux enfants. Martin est marié lui aussi, et père d'un enfant. Quand Constance propose, au cours de la conversation, de venir lui rendre visite avec son mari car elle passe ses vacances dans la même région, Martin n'ose pas refuser. Rentré chez lui, il n'ose pas non plus en parler à sa femme, Ariane, qui voit bientôt débarquer la petite famille de Constance dans sa maison de campagne, et le prend plutôt mal... - Critique : | Genre : les maris, les femmes, les enfants. C'est quoi, la vie, quand la trentaine arrive ? Une longue liste de courses à faire. Beurre, moutarde, PQ, et surtout couches et petits pots pour bébés. Autour de ce constat, Benoît Cohen bâtit une comédie qui joue sans vergogne sur les effets de miroir. Le papa y existe en deux versions : débordé, au four et au moulin, ou du genre beauf et macho qui ne débarrasse jamais la table. Idem pour la maman : il y a celle qui assure avec le sourire et celle qui ne fait rien du tout en faisant la gueule. Le papa cool est marié avec la maman rigide, et le ringard avec la femme moderne. C'est ça, la vie. Pas besoin d'aller chercher midi à quatorze heures pour construire un scénario : les vacances commencent dans une grande maison où s'invitent amis et parfum d'adultère, un peu comme chez Pascal Thomas. Mais Benoît Cohen donne à cette chronique la nervosité d'un sketch. Sans s'encombrer de psychologie, il épingle ses personnages avec habileté. Parfois, cette rapidité vire à la facilité tendance sitcom. Mais un esprit joyeusement persifleur ravive vite un regard critique, pas dupe. Le titre est d'ailleurs ironique : les enfants chéris n'ont jamais la parole, ou alors pour brailler. Occupés par leurs propres soucis de croissance, les parents accaparent l'attention, et leurs interprètes la retiennent. Mathieu Demy et Mathias Mlekuz font parfaitement les pères. Laurence Côte étonne en dragon du foyer. Et Romane Bohringer se révèle championne du ping-pong comique. — Frédéric Strauss

18min

À suivre, dès 07h08 : Trésor (Rediffusion)

Ce soir sur Ciné+ Émotion :

20h50 Madame Bovary

Film : drame 1h54 Tout public

L'éducation d'Emma, fille d'un riche éleveur de porcs, a été laissée, dès son plus jeune âge à l'institution catholique. Quand la jeune femme fait la connaissance de Charles Bovary, un médecin de province, elle voit en lui un espoir de quitter enfin son environnement familial. Le mariage a bientôt lieu, mais Emma s'ennuie vite dans cette nouvelle existence plutôt morne. C'est alors qu'elle rencontre monsieur Lheureux, un personnage charmant qui capte très vite son attention... - Critique : Pourquoi une adaptation de plus du roman de Flaubert ? La question se pose face à ce film tourné en anglais dans les décors naturels du Perche, figurant la Normandie du xixe siècle. Un réalisme juste mais parfois un peu terne. C'est à travers le personnage d'Emma que la réalisatrice, franco-américaine, se distingue. Elle en fait une héroïne juvénile, à la fois réservée et fantasque, conventionnelle et intrépide, fière de parader en belles tenues dans la grand-rue mais capable de s'égarer sur de mauvais chemins. Porté par des intentions féministes, le film l'est aussi par son actrice, Mia Wasikowska, qui campe de façon poignante cette jeune femme broyée par une société sans pitié pour celles qui font un pas de côté. — Frédéric Strauss

« Madame Bovary » sur Ciné+ Émotion

22h44 La Femme de Tchaïkovski

Rediffusion Film : biographie 2h20 -10

Lorsqu'Antonina Milioukova rencontre Piotr Tchaïkovski, le plus célèbre des compositeurs russes, elle tombe littéralement sous son charme. L'apprentie pianiste entre au conservatoire de Moscou et se rapproche de plus en plus du compositeur. Avec le temps, elle obtient ce qu'elle souhaite, une union avec celui qu'elle aime éperdument sans recevoir d'amour en retour. En effet ce dernier rejette la jeune femme malgré tous les sentiments qu'elle lui porte car sa priorité reste la musique et la composition. Malgré sa situation dramatique, Antonina décide de rester à ses côtés, quitte à endurer le pire... - Critique : « Une vraie femme parvient à ses fins avec n’importe quel homme ! » entend-elle siffler à ses oreilles. Soit un supplément de cruauté par-dessus son supplice : un amour dévorant et non partagé pour son époux, l’illustre compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski. Et ce depuis leur première rencontre, à Moscou, dans les années 1870. Voilà mises en lumière (et en ombres), par Kirill Serebrennikov, l’histoire méconnue d’Antonina, sa vie à la fois gâchée et embrasée. Elle était jeune, volontaire et pas spécialement pauvre avant de croiser le musicien. Elle est morte en 1917, dans un asile. Le génie ombrageux (dont l’œuvre n’est jamais au centre du film) n’avait répondu à sa déclaration d’amour épistolaire que dans le but de contracter un mariage de façade. S’en est suivi, pour elle, un enfer de frustration, d’humiliation, d’aveuglement, de déni. Un peu comme si l’homme aimé religieusement, fanatiquement par l’Adèle H., de François Truffaut (et fille de Victor Hugo), presque à la même époque – la fin du XIXe siècle –, avait été non seulement indifférent mais homosexuel. Serebrennikov, Russe dissident, désormais exilé à Berlin, ouvertement gay, endosse avec frénésie le point de vue de la damnée. Il met sa virtuosité tourbillonnante, sa démesure baroque au service de cette chute, qui est aussi une résistance. Antonina est méprisée en tant que femme dans une époque et une société patriarcales (milieu artistique compris), un univers d’hommes, homosexuels ou non. Elle est rejetée en tant qu’épouse et modeste amatrice de musique. Mais sa puissance tient à la force de son désir pour Tchaïkovski. Un désir tout sauf éthéré, nourri d’admiration mais violemment sexuel, et qui tend vers l’infini au fur et à mesure que le compositeur se dérobe, puis cherche à se débarrasser de sa femme. Comme l’héroïne truffaldienne, Antonina noircit du papier avec ses tourments et sa passion, mais elle n’est jamais montrée comme une figure de pureté, bien au contraire. Une fois interdite d’approcher son mari, elle tiendra même des propos antisémites à l’égard de l’entourage de Tchaïkovski. À l’avocat supposé la défendre et devenu son amant pis-aller, elle lancera sèchement : « Tu n’es rien pour moi. » Elle abandonnera à leur naissance les enfants qu’ils auront ensemble. Le monde dépeint par Serebrennikov est, en soi, entaché, corrompu, malade. Les mouches tournoient autour du compositeur vénéré du Lac des cygnes. Les rues de Moscou évoquent une cour des miracles où des indigents agonisent en hurlant, préfigurant de sort de l’héroïne. Une fatalité implacable domine les êtres humains, propension au malheur, à la violence et à la souffrance, dans laquelle on peut aisément lire une vision de la Russie éternelle, donc contemporaine. Les plans-séquences en surplomb des personnages disent ce destin qui les dépassent. Œuvre au noir, leçon de ténèbres, La Femme de Tchaïkovski n’offre jamais une once de la chaleur et la douceur de Leto (2018), le chef-d’œuvre du cinéaste. Mais il brille par son ampleur tragique, la fièvre de sa mise en scène, l’énergie fantasmatique (à la gloire du corps masculin) qui s’y déploie et la puissance de l’interprétation. Dans le rôle du compositeur, un acteur d’origine américaine, Odin Lund Biron, sait donner à sa première apparition, avec son léger accent, cette singularité extrême qui déclenche une cristallisation amoureuse. Alyona Mikhailova aurait, elle, mérité un prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes, où le film fut présenté, tant elle rejoint, par son intensité de chaque instant, les plus grandes tragédiennes du cinéma. Au-delà des circonstances de cette histoire, Serebrennikov livre une étude de la passion comme dérangement et dérèglement absolus, laissant en suspens une question taraudante : Antonina aurait-elle brûlé d’un tel feu si Tchaïkovski ne l’avait pas repoussée d’emblée et toujours ?

« La Femme de Tchaïkovski » sur Ciné+ Émotion

Programme Ciné+ Émotion de la journée d'aujourd'hui

Lundi 04 Mars 2024

De 07h08 à 08h30 Trésor

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h22 Tout public

Cela fait cinq ans que Jean-Pierre et Nathalie vivent ensemble. Ils s'aiment, gagnent bien leur vie et n'envisagent pas d'avoir un enfant avant quelques années. Pour faire plaisir à sa compagne, Jean-Pierre lui offre un charmant petit bulldog, que Nathalie nomme Trésor. Au fil des jours, l'animal prend de plus en plus de place dans la vie du couple. Jean-Pierre réalise qu'il a commis une erreur en lui offrant ce chien quand il voit Nathalie développer une relation fusionnelle avec lui : elle dort avec lui sur le canapé du salon, le fait laver par des professionnels et lui achète moult accessoires. Les relations du couple deviennent de plus en plus tendues... - Critique : Genre : désolant. On est triste : le dernier film de Claude Berri, terminé par François Dupeyron (Berri mourut pendant le tournage), est une très mauvaise comédie. Par amitié pour le grand Claude, on cherche quelques qualités à cette histoire de couple, chamboulé par l'arrivée d'un bulldog à forte personnalité. En vain. Ce sujet un peu bête (ma femme, son chien et moi) réclamait une mise en scène légère et des acteurs ébouriffants : or, Trésor enchaîne les gags au ras de la gamelle et l'interprétation manque cruellement de chien : Mathilde Seigner, naturelle dans un rôle insupportable, face à un Chabat très terne. Et si on faisait comme si de rien n'était ? Trésor, le dernier film de Claude Berri ? Non, désolé, on ne voit pas...

Sur Cine Plus Emotion dès 07h08 : Trésor

De 08h30 à 10h12 Mon chien Stupide

Rediffusion Film : comédie 1h42 Tout public

Il y a 25 ans, Henri Mohen a écrit un roman qui a pulvérisé tous les records de vente et remporté la presque totalité des prix littéraires. Depuis ce gros succès, l'écrivain n'a rien produit de valable. Sa vie personnelle part également à vau-l'eau. Sa femme Cécile soigne sa dépression avec un verre de blanc et des médicaments. Il aimerait bien échanger ses quatre enfants contre une voiture de luxe neuve. Son incapacité à écrire, son absence de libido, tout cela est de la faute de ses adolescents ingrats. Par un soir de tempête, il tombe nez-à-nez avec un énorme chien qui va prendre une place centrale dans sa vie. Au point de mettre à mal son couple... - Critique : Yvan Attal vise un humour régressif à l’américaine pour cette transposition française du roman éponyme de John Fante (paru aux États-Unis en 1986). Mais il n’obtient souvent que de la plate vulgarité — ce père qui répète à l’envi que son grand fils « aime les culs », quand une fois aurait suffi. Le sujet principal est la crise existentielle d’un romancier-scénariste (Attal, donc) velléitaire, marié depuis un quart de siècle à la même femme, avec laquelle il a eu quatre enfants. L’homme tient les siens pour responsables de son impuissance à créer et rêve de tout plaquer, mais ce sont les autres qui partent. Le film se veut ainsi la chronique d’une famille en voie d’éparpillement, dans la lumière de la côte basque la plus chic. Entre les lignes de l’adaptation, l’acteur-réalisateur flirte avec l’autofiction, après Ma femme est une actrice (2001) et Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2004), deux comédies où il mettait déjà en scène son couple avec Charlotte Gainsbourg. Mais Mon chien Stupide s’enlise inexorablement dans les banals rebondissements adultères, sans émotion. Difficile de compatir aux souffrances de l’homme qui ne parvient pas à se décider entre sa grande maison d’architecte près de Biarritz et une installation à Rome, dans les parages de la Villa Médicis…

Sur Cine Plus Emotion dès 08h30 : Mon chien Stupide

De 10h12 à 11h46 L'innocent

Rediffusion Film : comédie policière 1h34 Tout public

Après avoir rencontré Michel, un détenu, Sylvie décide de l'épouser. Apprenant la nouvelle, son fils Abel devient fou de rage, connaissant les mauvais choix précédents de sa mère. Il décide de protéger cette dernière avec l'aide de sa meilleure amie, et de suivre Michel dans tous ses déplacements. Il comprend très vite que celui-ci prépare un nouveau coup : le braquage d'un camion contenant du caviar. Et selon lui il s'agit d'une occasion en or, sans risque, puisque le chauffeur a toujours les mêmes habitudes dans le même restaurant. Mais lorsque l'occasion s'annonce trop belle, il y a toujours le risque qu'un imprévu complique l'affaire... - Critique : Que de chemin parcouru par Louis Garrel, en si peu de temps ! Voilà un garçon qui a débuté comme acteur, au profil très Nouvelle Vague. Puis est passé derrière la caméra, enchaînant courts métrages et longs, ne cessant de se renouveler à travers des genres différents. Quoi de commun en effet entre Les Deux Amis, son premier film, et ce quatrième, L’Innocent ? Sans doute un amour fécond des comédiens, et du théâtre. Qui est justement ce qui permet la rencontre de Michel (Roschdy Zem), belle carrure et charme canaille du taulard, et de Sylvie (Anouk Grinberg), la soixantaine, prof de théâtre un peu fofolle en milieu carcéral. Ces deux-là s’aiment et décident, peu avant la libération de Michel, de se marier en prison. Au grand dam d’Abel (Louis Garrel), le fils de Sylvie, paniqué à l’idée de voir sa mère, abonnée aux repris de justice, s’embarquer dans une nouvelle galère. Loin de l’apaiser, le projet des tourtereaux d’ouvrir un magasin de fleurs alimente encore davantage sa parano… Combiner la comédie romantique et le film de casse, tel est le pari. Risqué — cela réclame un savant dosage de légèreté et de tension. Et brillamment réussi. C’est avec le concours d’un romancier talentueux, Tanguy Viel, que Louis Garrel a élaboré cette intrigue rocambolesque, inspirée par l’expérience de sa propre mère, la comédienne et réalisatrice, Brigitte Sy, qui animait des cours de théâtre et s’est mariée en prison, lorsque Louis avait 18 ans. On est donc tenté de faire un parallèle avec les films du père, Philippe Garrel, eux aussi à forte teneur autobiographique, mais plus confidentiels, comme de la poésie. Dans le cinéma du fils, plus divertissant, taillé pour le grand public, l’intime avance masqué. Le lien entre la mère et son enfant se traduit par un chamboulement réjouissant des rôles, Abel agissant en frère, père ou copain, autant qu’en fils. Il paraît tout à la fois responsable et gamin, à côté de la plaque, ressassant son chagrin depuis la mort accidentelle de son épouse. La meilleure amie de celle-ci, Clémence (Noémie Merlant), accuse le coup elle aussi, mais se bat davantage. Elle soutient Abel, fait tout pour l’égayer, quitte à l’entraîner dans une aventure dangereuse. D’où cette séquence, d’ores et déjà d’anthologie, digne d’Ernst Lubitsch, se déroulant dans un restaurant routier. Quinze minutes qui font rimer braquage avec marivaudage. Et où Louis Garrel parvient à allier le suspense, l’humour et l’émotion. Au cours d’une fausse dispute de couple, destinée à pigeonner un chauffeur de poids lourd, Abel et Clémence jouent leur vie en même temps que se joue la vérité de leurs sentiments. Vif, tendre, burlesque et mélancolique, L’Innocent procure beaucoup de plaisir. Il y règne une fantaisie, où la famille, l’amour et l’amitié sont inattendues et peuvent se confondre. Le jeu sert ici de principe directeur. Et pour le servir, le quatuor vedette s’en donne à cœur joie. On s’en voudrait de ne pas citer aussi deux seconds rôles, irrésistibles. Jean-Claude Pautot, d’abord, ancien vrai détenu, qui interprète le complice de Michel, réquisitionné comme coach à la fois goguenard et intimidant. Yanisse Kebbab, enfin. Le pigeon, c’est lui. À sa manière d’être sidéré et transporté par la partie de ping-pong verbal qui s’offre devant lui, il est le reflet exact des spectateurs captifs que nous sommes.

Sur Cine Plus Emotion dès 10h12 : L'innocent

De 11h46 à 13h33 Les Miller, une famille en herbe

Rediffusion Film : comédie 1h47 -10

David Clark est un dealer minable qui écoule de petites quantités de marijuana. Un jour, il se fait agresser par trois voyous qui lui volent sa marchandise. Impossible pour lui de rembourser Brad, son fournisseur. Un brin énervé, celui-ci le presse de payer sa dette. C'est alors que David a l'idée de se rendre au Mexique pour aller chercher de quoi calmer le caïd. Comment faire pour duper les douaniers ? David pense avoir trouvé le plan parfait quand il décide de créer de toutes pièces une famille insoupçonnable d'Américains moyens. Pour cela, il recrute une strip-teaseuse, un adolescent un peu demeuré et une voleuse à la tire. C'est le début des vrais ennuis... - Critique : | Genre : un brin transgressif. Variation sur Little Miss Sunshine, le film de Rawson Marshall Thurber nous entraîne à travers les Etats-Unis en la joyeuse compagnie d’une famille dysfonctionnelle. Qui n’en est pas une : le père ne connaît pas la mère et leurs deux ados ne s’étaient jamais rencontrés. Tous jouent la comédie pour transporter de la drogue dans un camping-car… Le film révèle, petit à petit, un sens de l’humour inattendu, assez transgressif, qui joue avec les tabous pour bousculer cette vraie-fausse petite famille. Exemple : le « frère » qui embrasse fougueusement sa « sœur »…

Sur Cine Plus Emotion dès 11h46 : Les Miller, une famille en herbe

De 13h33 à 15h06 Hommes au bord de la crise de nerfs

Rediffusion Film : comédie 1h33 -10

Sept hommes d'horizons et d'âges très différents se retrouvent à la campagne, loin de tout, pour une thérapie de groupe qui doit les aider à s'extraire de leur état dépressif. Omega, la coach qui les prend en charge, prône une méthode miracle, consistant à leur faire passer diverses épreuves durant ce séjour. Adolescent comme Eliott, ou d'âge mûr tel Hippolyte, tous ont traversé de phases compliquées durant leurs vies, et tentent de s'en sortir. Et ce séjour en pleine nature sauvage va apporter son lot de rebondissements, de disputes, de crises mais également des moments de convivialité, de rires et de communions grâce à ce petit bout de femme...

Sur Cine Plus Emotion dès 13h33 : Hommes au bord de la crise de nerfs

De 15h06 à 16h44 Sa mère ou moi !

Rediffusion Film : comédie 1h38 Tout public

Charlie, une jeune styliste, est tombée follement amoureuse du charmant docteur Kevin Fields. Mais Kevin a une mère très encombrante et exclusive, Viola Fields, célèbre animatrice de télévision qui vient de se faire évincer au profit d'une collègue plus jeune. Cet événement lui vaut un séjour en hôpital psychiatrique. Kevin décide de lui présenter Charlie et profite de l'occasion pour demander la main de la jeune femme. Le sang de Viola ne fait qu'un tour. Désormais, elle va tout faire pour gâcher l'existence du jeune couple. Une guerre sans merci est déclarée. Elle envoie Ruby, sa confidente, enquêter sur le passé de Charlie... - Critique : Le titre français dit tout : il s'agit de surfer sur la vague du hit mondial Mon beau-père et moi. En voici le médiocre pendant féminin, avec Jane Fonda dans le rôle de De Niro, et Jennifer Lopez dans celui de Ben Stiller. Pitch : une future belle-mère « sadise » sa future bru. Mais faire changer de genre à une intrigue ne va pas de soi. La grande dame riche, ancienne star télé, qui s'accroche désespérément à son fils par peur de la solitude, ne donne pas très envie de rire. Elle ferait une bonne héroïne de mélo à la Sirk ou à la Minnelli, d'autant que Fonda, parfaite comme autrefois, sait la rendre crédible. On n'en dira pas autant de J-Lo, tout le temps fausse en oie blanche, mais à qui le démarrage correct du film, outre-Atlantique, a au moins donné l'impression de reprendre la main après le bide de son dernier disque.

Sur Cine Plus Emotion dès 15h06 : Sa mère ou moi !

De 16h44 à 18h35 Compétition officielle

Rediffusion Film : comédie dramatique 1h51 Tout public

Milliardaire, Iván Torres semble avoir atteint tous ses objectifs dans le monde des affaires. Pour autant, l'homme n'est pas comblé et il souhaite passer à la postérité en finançant la réalisation d'un film qui marquera les mémoires. Pour ce faire, il s'entoure de pontes du septième art. Conseillé par l'extravagante Lola, Iván confie la réalisation de l'oeuvre à un aussi brillant que fantasque réalisateur, Humberto. En tête d'affiche du casting, le très charismatique (et un brin têtu) Félix, dont le talent n'est plus à démontrer. Dès le lancement du projet, la relation entre ces deux égos surdimensionnés fait des étincelles... - Critique : Une cinéaste cérébrale et célébrée soumet à sa méthode fantasque et volontiers sadique deux acteurs stars. L’un est un playboy très showbiz, l’autre un puriste formé au théâtre. Entre eux, la compétition est officielle. Les coups vont pleuvoir, vaches et drôles. Mais un charme irrésistible s’en mêle. Celui d’Antonio Banderas et d’Oscar Martínez, qui jouent la séduction vulgaire contre l’élégance cultivée, tout en campant l’un et l’autre de vrais roublards. Le charme, aussi, de Penélope Cruz, qui incarne avec une autorité savamment dosée la réalisatrice montée sur les grands chevaux de son génie. Un personnage à l’image de tout le film, qui ose le grotesque comme la sophistication et met de l’ambition dans la farce. La qualité de l’interprétation va de pair avec la recherche de la mise en scène. Les plans, rigoureusement architecturés, créent un effet d’écho spectaculaire avec le décor choisi : un immense bâtiment aux lignes géométriques où le trio répète avant le tournage. Autour de ces énormes ego se déploie ainsi, à travers des espaces d’un gigantisme prétentieux, une vision d’artiste envahissante, boursouflée. Cette expressivité visuelle fait de Compétition officielle une brillante comédie conceptuelle. On en retient un regard cinglant et désopilant sur un cinéma d’auteur asséché par les intentions, les discours, les élucubrations narcissiques. Où l’humour est un excellent remède contre la vanité.

Sur Cine Plus Emotion dès 16h44 : Compétition officielle

De 18h35 à 18h49 Hollywood Live

Magazine du cinéma 14mn Tout public

Une exploration très personnelle du microcosme hollywoodien, présentée à la sauce : tonus, impertinence et humour décalé sont au rendez-vous.

Sur Cine Plus Emotion dès 18h35 : Hollywood Live

De 18h49 à 18h52 En salle : Madame de Sévigné

Rediffusion Magazine du cinéma 3mn Tout public

Karin Viard campe la marquise de Sévigné et Ana Girardot sa fille dans "Madame de Sévigné", réalisé par Isabelle Brocard.

Sur Cine Plus Emotion dès 18h49 : En salle

De 18h52 à 20h50 Sweet November

Film : drame 1h58 Tout public

Brillant publicitaire, très apprécié dans son agence, Nelson Moss consacre le moins de temps possible à l'amour, aux loisirs et futilités du même genre. Un jour, toutefois, il trouve le temps de sympathiser avec Sara Deever, une jeune femme aussi charmante que fantasque, qui lui propose tout de go de partager son quotidien pendant un mois. D'abord réticent, Nelson finit pourtant par accepter cette étrange invitation lorsqu'il perd coup sur coup sa petite amie du moment et son travail. En pénétrant dans l'univers de Sara, il a l'impression de découvrir une autre planète. Petit à petit, il s'ouvre à l'amour et, mieux encore, à la vie... - Critique : Le bonheur, c'est simple comme de courir sur la plage avec une meute de caniches royaux ébouriffés. Ou encore de jouer à colin-maillard en caleçon à fleurs. C'est ce que découvre Nelson (Keanu Reeves, complètement absent), énième yuppie coincé-cynique-surmené du cinéma hollywoodien, en stage de rééducation sentimentale pour un mois chez Sara (Charlize Theron), une vraie pro du carpe diem. La preuve, elle met d'informes pulls baba cool, mange bio et est copine avec tout le monde. La romance suit son cours épais comme du Marshmallow en fusion, et lorsqu'elle se fond dans le mélo, on a depuis longtemps renoncé à compter les clichés. C.Mu.

Sur Cine Plus Emotion dès 18h52 : Sweet November

De 20h50 à 22h44 Madame Bovary

Film : drame 1h54 Tout public

L'éducation d'Emma, fille d'un riche éleveur de porcs, a été laissée, dès son plus jeune âge à l'institution catholique. Quand la jeune femme fait la connaissance de Charles Bovary, un médecin de province, elle voit en lui un espoir de quitter enfin son environnement familial. Le mariage a bientôt lieu, mais Emma s'ennuie vite dans cette nouvelle existence plutôt morne. C'est alors qu'elle rencontre monsieur Lheureux, un personnage charmant qui capte très vite son attention... - Critique : Pourquoi une adaptation de plus du roman de Flaubert ? La question se pose face à ce film tourné en anglais dans les décors naturels du Perche, figurant la Normandie du xixe siècle. Un réalisme juste mais parfois un peu terne. C'est à travers le personnage d'Emma que la réalisatrice, franco-américaine, se distingue. Elle en fait une héroïne juvénile, à la fois réservée et fantasque, conventionnelle et intrépide, fière de parader en belles tenues dans la grand-rue mais capable de s'égarer sur de mauvais chemins. Porté par des intentions féministes, le film l'est aussi par son actrice, Mia Wasikowska, qui campe de façon poignante cette jeune femme broyée par une société sans pitié pour celles qui font un pas de côté. — Frédéric Strauss

Sur Cine Plus Emotion dès 20h50 : Madame Bovary

De 22h44 à 01h04 La Femme de Tchaïkovski

Rediffusion Film : biographie 2h20 -10

Lorsqu'Antonina Milioukova rencontre Piotr Tchaïkovski, le plus célèbre des compositeurs russes, elle tombe littéralement sous son charme. L'apprentie pianiste entre au conservatoire de Moscou et se rapproche de plus en plus du compositeur. Avec le temps, elle obtient ce qu'elle souhaite, une union avec celui qu'elle aime éperdument sans recevoir d'amour en retour. En effet ce dernier rejette la jeune femme malgré tous les sentiments qu'elle lui porte car sa priorité reste la musique et la composition. Malgré sa situation dramatique, Antonina décide de rester à ses côtés, quitte à endurer le pire... - Critique : « Une vraie femme parvient à ses fins avec n’importe quel homme ! » entend-elle siffler à ses oreilles. Soit un supplément de cruauté par-dessus son supplice : un amour dévorant et non partagé pour son époux, l’illustre compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski. Et ce depuis leur première rencontre, à Moscou, dans les années 1870. Voilà mises en lumière (et en ombres), par Kirill Serebrennikov, l’histoire méconnue d’Antonina, sa vie à la fois gâchée et embrasée. Elle était jeune, volontaire et pas spécialement pauvre avant de croiser le musicien. Elle est morte en 1917, dans un asile. Le génie ombrageux (dont l’œuvre n’est jamais au centre du film) n’avait répondu à sa déclaration d’amour épistolaire que dans le but de contracter un mariage de façade. S’en est suivi, pour elle, un enfer de frustration, d’humiliation, d’aveuglement, de déni. Un peu comme si l’homme aimé religieusement, fanatiquement par l’Adèle H., de François Truffaut (et fille de Victor Hugo), presque à la même époque – la fin du XIXe siècle –, avait été non seulement indifférent mais homosexuel. Serebrennikov, Russe dissident, désormais exilé à Berlin, ouvertement gay, endosse avec frénésie le point de vue de la damnée. Il met sa virtuosité tourbillonnante, sa démesure baroque au service de cette chute, qui est aussi une résistance. Antonina est méprisée en tant que femme dans une époque et une société patriarcales (milieu artistique compris), un univers d’hommes, homosexuels ou non. Elle est rejetée en tant qu’épouse et modeste amatrice de musique. Mais sa puissance tient à la force de son désir pour Tchaïkovski. Un désir tout sauf éthéré, nourri d’admiration mais violemment sexuel, et qui tend vers l’infini au fur et à mesure que le compositeur se dérobe, puis cherche à se débarrasser de sa femme. Comme l’héroïne truffaldienne, Antonina noircit du papier avec ses tourments et sa passion, mais elle n’est jamais montrée comme une figure de pureté, bien au contraire. Une fois interdite d’approcher son mari, elle tiendra même des propos antisémites à l’égard de l’entourage de Tchaïkovski. À l’avocat supposé la défendre et devenu son amant pis-aller, elle lancera sèchement : « Tu n’es rien pour moi. » Elle abandonnera à leur naissance les enfants qu’ils auront ensemble. Le monde dépeint par Serebrennikov est, en soi, entaché, corrompu, malade. Les mouches tournoient autour du compositeur vénéré du Lac des cygnes. Les rues de Moscou évoquent une cour des miracles où des indigents agonisent en hurlant, préfigurant de sort de l’héroïne. Une fatalité implacable domine les êtres humains, propension au malheur, à la violence et à la souffrance, dans laquelle on peut aisément lire une vision de la Russie éternelle, donc contemporaine. Les plans-séquences en surplomb des personnages disent ce destin qui les dépassent. Œuvre au noir, leçon de ténèbres, La Femme de Tchaïkovski n’offre jamais une once de la chaleur et la douceur de Leto (2018), le chef-d’œuvre du cinéaste. Mais il brille par son ampleur tragique, la fièvre de sa mise en scène, l’énergie fantasmatique (à la gloire du corps masculin) qui s’y déploie et la puissance de l’interprétation. Dans le rôle du compositeur, un acteur d’origine américaine, Odin Lund Biron, sait donner à sa première apparition, avec son léger accent, cette singularité extrême qui déclenche une cristallisation amoureuse. Alyona Mikhailova aurait, elle, mérité un prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes, où le film fut présenté, tant elle rejoint, par son intensité de chaque instant, les plus grandes tragédiennes du cinéma. Au-delà des circonstances de cette histoire, Serebrennikov livre une étude de la passion comme dérangement et dérèglement absolus, laissant en suspens une question taraudante : Antonina aurait-elle brûlé d’un tel feu si Tchaïkovski ne l’avait pas repoussée d’emblée et toujours ?

Sur Cine Plus Emotion dès 22h44 : La Femme de Tchaïkovski