Ciné+ Club : Programme TV de la chaîne Ciné+ Club

En ce moment sur Ciné+ Club :

15h57 Demonlover

Rediffusion Film : thriller 1h58 -16
Demonlover

Trois héroïnes de thriller dans une lutte au couteau pour la possession des images trash qu'on trouve sur Internet. La frontière entre réel et virtuel s'estompe, la virtuosité formelle ajoute au trouble. - Critique : En France, Olivier Assayas a souvent un temps d’avance pour décrire les avatars de la modernité. Pour preuve, ce thriller high-tech glacé (dans la lignée de Michael Mann), qui est aussi une allégorie du capitalisme violent et visuel, à l’ère 2.0. Une financière de haut vol fait en sorte d’éliminer sa supérieure directe. Son but : avoir la main dans la guerre économique que se livrent sa société et ses concurrents, en vue de l’acquisition d’une juteuse société japonaise produisant du manga porno. Sur fond de snuff movies et de darknet, on navigue dans les eaux agitées de l’espionnage industriel, avec son lot de manipulations et de trahisons. Un monde de séduction perverse et de rapports sadomasochistes, où prolifèrent les images et les identités troubles, les adversaires d’une heure pouvant rapidement devenir alliés, dès lors que cela rapporte argent ou puissance.

1h 37min

À suivre, dès 17h55 : INLAND EMPIRE (Rediffusion)

Ce soir sur Ciné+ Club :

20h50 Il divo

Film : drame 1h55 -12

Portrait insolent d'un politicien trouble, Giulio Andreotti, leader de la Démocratie chrétienne, qui régna plus de quarante ans sur l'Italie. - Critique : | Genre : Les monstres. Vingt-cinq fois ministre. Et des surnoms à la pelle : l'Inoxydable, le Sphinx, le Joli Petit Bossu, Belzébuth, le Moloch, la Salamandre, le Pape noir, l'Homme des ténèbres, l'Eternité... De Giulio Andreotti, un des leaders de cette Démocratie chrétienne qui a gouverné l'Italie de la fin de la guerre jusqu'aux années 1990, Paolo Sorrentino fait un Nosferatu au verbe rare et au regard fixe, à la main molle et aux migraines récurrentes... Comment filmer la politique aujourd'hui ? Sérieusement : Pierre Schoeller dans L'Exercice de l'Etat. Caricaturalement : Xavier Durringer dans La Conquête. Ou comme Sorrentino, qui mêle réflexion et farce. Il filme, arrivée au ralenti, comme dans un western spaghetti, la garde rapprochée d'Andreotti. Magistrats, ministres et journalistes sont flingués comme à Guignol. Les illustrations musicales décoiffent, allant de Fauré à Da da da, interprété par Trio. Au bout d'un certain temps, peut-être parce qu'il filme tout sur le même rythme affolé, les liens, invraisemblables et méprisables, entre Etat, Mafia, Vatican et francs-maçons, entre Andreotti et ces gens-là, découragent autant qu'ils révoltent. Mais Sorrentino a tout ce que tant d'autres n'ont plus : la verdeur, l'impolitesse et l'originalité. — Pierre Murat

« Il divo » sur Ciné+ Club

22h45 Voyage au bout de l'enfer

Rediffusion Film : drame 2h58 -12

Le chef-dœuvre de Cimino, avec un De Niro tout en retenue et une scène qui nous hante à jamais : Christopher Walken, suicidaire, jouant à la roulette russe. Terrifiant. - Critique : | Genre : trauma américain et roulette russe. Commençons par la scène d’anthologie. Trois soldats américains prisonniers, de l’eau jusqu’au ventre, sont parqués sous une baraque sur pilotis. Ils attendent leur tour pour jouer, face à leurs tortionnaires, à la roulette russe. La séquence dure quinze minutes. Elle immortalise Christopher Walken, visage de samouraï et de zombie. Voilà comment Cimino concentre la guerre du Vietnam en une allégorie explosive, qui renferme l’horreur, le hasard, la folie, l’instinct de survie. Mais aussi une forme de bravoure obscure, incarnée par le sagace Robert De Niro. Le héros du film, c’est lui. Un sauveur pur et dur, qui se voue corps et âme à la communauté et qui fait tout pour recoller ses morceaux. Sur les trois heures épiques que dure ce film au casting affolant, une seule environ se déroule dans l’enfer vietnamien. C’est le chapitre du milieu. Avant, on voit les hauts fourneaux d’une aciérie de Pennsylvanie, une bande soudée de sidérurgistes, un mariage orthodoxe, des beuveries sans nom, une chasse au chevreuil dans une montagne de western… Bref, une certaine image du rêve américain. Après, il y a des vies brisées, des illusions perdues, et surtout une amitié amoureuse ravagée. Riche d’interprétations diverses, ce Voyage au bout de l’enfer compte assurément autant, sinon plus, que son cousin direct, Apocalypse now, sorti un an après.

« Voyage au bout de l'enfer » sur Ciné+ Club

Programme Ciné+ Club de la journée d'aujourd'hui

Samedi 17 Avril 2021

De 06h15 à 07h13 Flesh Memory

Rediffusion Documentaire : société 58mn Tout public

Finley Blake est cam girl : elle gagne sa vie en faisant de l'exhibition sexuelle sur Internet, devant sa webcam. Elle a 33 ans, vit seule dans une maison isolée à Austin, Texas, et tente de récupérer la garde partagée de son fils qui lui a été retirée du fait de sa profession.

Sur Cine Plus Club dès 06h15 : Flesh Memory

De 07h13 à 09h10 Dawson City : le temps suspendu

Rediffusion Film 1h57 Tout public

Dans l'Extrême Nord-Ouest du Canada se trouve un territoire habité depuis des siècles par des peuples isolés. En août 1896, on y decouvrit des gisements d'or. 100 000 prospecteurs ont pris tous les risques pour faire une ruée vers l'or jusqu'à Dawson City. A l'été 1898, la ville comptait 40 000 personnes. Les copies de films envoyés là-bas ne revenaient jamais. En 1978, on a retrouvé 533 boîtes de films muets enterrés dans le sol gelé. En plus de la redécouverte de ces pellicules, films d'actualités, images d'archives, interviews et photographies historiques, accompagné par une bande-son d'Alex Somers, permettent de raconter le passé de la ville ... - Critique : Fondée dans le Nord canadien l’année du cinématographe, Dawson City recelait dans ses sous-sols des centaines de bobines de films, retrouvées en 1978. Une saga fascinante digne de Jack London par le cinéaste expérimental Bill Morrison. Intrigant et émouvant.

Sur Cine Plus Club dès 07h13 : Dawson City : le temps suspendu

De 09h10 à 09h26 Irréprochable

Rediffusion Film 16mn Tout public

Samuel et Agnès se retrouvent bloqués dans un ascenseur juste après que le premier ait volé le sac de la seconde.

Sur Cine Plus Club dès 09h10 : Irréprochable

De 09h26 à 11h03 Dans un jardin qu'on dirait éternel

Rediffusion Film : drame 1h37 Tout public

Noriko et Michiko viennent de terminer leurs études. Ils ne savent pas encore très bien quelle carrière embrasser. En attendant qu'elles se décident, leurs parents les poussent à étudier la cérémonie du thé. Noriko traîne des pieds pour se rendre dans une petite maison traditionnelle de Yokohama où officie Madame Takeda, son exigeante professeure. Contre toute attente, la jeune femme est vite fascinée par cet art séculaire. Michiko, quant à elle, n'est pas du tout séduite et a décidé faire ce que bon lui semble... - Critique : Un film japonais sur la cérémonie du thé… Un peu attendu ? La crainte du folklore exotique est vite balayée par la fraîcheur de l’héroïne. Noriko a 20 ans et ne sait pas à quoi elle pourrait se consacrer. Entraînée par sa cousine Michiko, elle décide d’apprendre l’art du thé. Et les voilà qui pouffent devant la méticulosité de Mme Takeda (merveilleuse Kirin Kiki, disparue après le tournage) et l’incroyable précision de son enseignement. « Il faut que la tranche de vos petits doigts touche le tatami en posant la jarre d’eau. » Verdict des élèves : c’est très marrant, le thé. En entrant pas à pas dans une vénérable tradition nippone, le réalisateur n’hésite pas à rendre instructive cette adaptation d’un roman de Noriko Mori­shita. Mais il n’y met aucun cérémonial. Il est du côté de ces jeunes filles insouciantes, qui ignorent ce qui comptera dans leur existence. Une cérémonie de la première bouilloire de l’année chasse l’autre, une décennie s’envole, et Noriko reste fidèle à son rendez-vous du samedi chez Mme Takeda, sans pouvoir dire vraiment ce qu’elle en retire. Qu’est-ce que l’art du thé ? Un passe-temps ou un rituel sacré ? Cette inter­rogation court à travers le film, qui montre à la fois le caractère précieux du breuvage et la fantaisie des réunions féminines auxquelles il donne lieu. Ce mélange raconte la vie, pareillement banale et précieuse à la fois. Le bonheur est de refaire les mêmes choses, apprend Noriko. Répéter les mêmes gestes pour faire infuser du thé ouvre, dès lors, de belles perspectives.

Sur Cine Plus Club dès 09h26 : Dans un jardin qu'on dirait éternel

De 11h03 à 12h30 Qui a tué Lady Winsley ?

Rediffusion Film : comédie 1h27 -10

Lady Winsley, une romancière américaine, est a été tuée par balle sur une petite île turque. L'inspecteur Fergan, célèbre à Istanbul, est chargé de l'enquête. Sur place, il ne rencontre qu'hostilité. Surtout quand il se lance dans une recherche d'ADN auprès de toutes les femmes de l'île. Ces dernières ainsi que les hommes de l'île s'insurgent. Fergan doit faire face à des secrets bien gardés dans cet endroit reculé, où il ne fait pas bon révéler des secrets... - Critique : Un inspecteur stambouliote est envoyé sur une petite île où un meurtre a été commis. Il y découvre les ravages de la consanguinité et des secrets entre habitants… Nimbée dans les brumes du Bosphore, l’intrigue peine à émerger du fouillis des personnages et des sous-intrigues. La touche de Hiner Saleem (My Sweet Pepper Land) finit par sauver cette drôle de comédie policière où séduit le soin maniaque porté aux décors : à eux seuls, les papiers peints invitent au voyage. Doté d’un humour à toute épreuve, le cinéaste franco-kurde se moque gentiment de ses semblables tout en abordant la place de la femme et le racisme antikurde en Turquie.

Sur Cine Plus Club dès 11h03 : Qui a tué Lady Winsley ?

De 12h30 à 14h07 Le Miracle de Saint-Inconnu

Rediffusion Film : thriller 1h37 Tout public

Poursuivi par la police après avoir commis un braquage, un voleur s'arrête dans une région désertique et enterre son magot au sommet d'une butte. Il marque l'endroit en construisant une fausse tombe dessus. Arrêté par les forces de l'ordre, il est jeté en prison. Dix ans après, il est libéré et compte bien récupérer le butin. Mais quand il arrive sur place, il constate avec stupeur qu'un mausolée a été construit sur la tombe, à la mémoire du «Saint inconnu» qui y serait enterré. Le village des environs a même été rapproché, les habitants espérant tirer bénéfice du mausolée. Le voleur s'installe à l'auberge, bien décidé à trouver de creuser la tombe... - Critique : En fuite dans le désert, un truand enterre un sac rempli de billets au sommet d’une colline, juste avant d’être arrêté. À sa sortie de prison, dix ans plus tard, il se précipite sur les lieux pour récupérer son bien. Problème : à l’emplacement de la cachette a été construit un mausolée en hommage à un saint inconnu, objet d’une dévotion fervente de la part des habitants du village voisin, et surveillé jour et nuit… Les diverses tentatives du voleur pour récupérer son butin, vouées à l’échec par malchance ou par bêtise, génèrent un comique à mèche lente. Avec un humour pince-sans-rire, des dialogues pleins d’autodérision et des plans composés avec soin qui, à leur meilleur, rappellent les films d’Elia Suleiman ou d’Aki Kaurismäki. Le jeune cinéaste dépeint, au passage, une savoureuse galerie de personnages excentriques, du coiffeur aux faux airs de Roberto Benigni au gardien du temple plus soucieux de son chien que de son fils, en passant par le complice du voleur, surnommé « le Cerveau », parce qu’il est « vraiment con ». À travers le quotidien d’un village reculé où les femmes vont voir le médecin six jours sur sept pour « se distraire » (le septième étant réservé au hammam !), il chronique aussi, mine de rien, la réalité d’un pays obsédé par les croyances, et tiraillé entre traditions et modernité. Une jolie surprise.

Sur Cine Plus Club dès 12h30 : Le Miracle de Saint-Inconnu

De 14h07 à 15h57 Douleur et gloire

Rediffusion Film : drame sentimental 1h50 -10

Salvador Mallo, un réalisateur tourmenté, est confronté aux souvenirs de sa jeunesse à la suite d'une série de retrouvailles, avec des anciens amants, des acteurs avec lesquels il a travaillé. De ses premiers amours à la difficulté de créer, il se retrouvera submergé par les fragments de son existence...

Sur Cine Plus Club dès 14h07 : Douleur et gloire

De 15h57 à 17h55 Demonlover

Rediffusion Film : thriller 1h58 -16

Trois héroïnes de thriller dans une lutte au couteau pour la possession des images trash qu'on trouve sur Internet. La frontière entre réel et virtuel s'estompe, la virtuosité formelle ajoute au trouble. - Critique : En France, Olivier Assayas a souvent un temps d’avance pour décrire les avatars de la modernité. Pour preuve, ce thriller high-tech glacé (dans la lignée de Michael Mann), qui est aussi une allégorie du capitalisme violent et visuel, à l’ère 2.0. Une financière de haut vol fait en sorte d’éliminer sa supérieure directe. Son but : avoir la main dans la guerre économique que se livrent sa société et ses concurrents, en vue de l’acquisition d’une juteuse société japonaise produisant du manga porno. Sur fond de snuff movies et de darknet, on navigue dans les eaux agitées de l’espionnage industriel, avec son lot de manipulations et de trahisons. Un monde de séduction perverse et de rapports sadomasochistes, où prolifèrent les images et les identités troubles, les adversaires d’une heure pouvant rapidement devenir alliés, dès lors que cela rapporte argent ou puissance.

Sur Cine Plus Club dès 15h57 : Demonlover

De 17h55 à 20h50 INLAND EMPIRE

Rediffusion Film : thriller 2h55 -12

Cinq ans après l'indépassable Mulholland Drive, Lynch essaie autre chose : autour d'une Laura Dern démultipliée et démente, Inland Empire est le premier film du maître presque entièrement composé d'images mentales. Une expérience extrême pour les uns, une autocaricature pour les autres. - Critique : Film de David Lynch (USA, 2006). 170 mn. VM. Avec Laura Dern, Jeremy Irons, Justin Theroux, Harry Dean Stanton. Genre : de l'autre côté. « Une histoire de mystère. Au coeur de ce mystère, une femme amoureuse et en pleine tourmente. » Ainsi David Lynch résumet-il Inland Empire. Ce qui rappelle l'indépassable Mulholland Drive. Pourtant, mieux vaut être prévenu : ce dernier film (à ce jour) est moins une oeuvre de continuation que de rupture. Lynch se dispense même, cette fois, d'installer sa fiction avant de la dérégler. D'emblée, le quotidien de la star jouée par Laura Dern est irréel de vide. Les préparatifs de son nouveau film, la jalousie de son mari ont quelque chose de mécanique, de dérisoire. Lorsqu'elle apprend que le film en chantier est le remake d'un autre, interrompu autrefois suite à la mort de ses interprètes, les quelques repères qui balisaient le semblant d'histoire s'évanouissent. Inland Empire ressemble à un documentaire sur le flux de pensées et de visions qui traverse le cerveau de son personnage. Tout y passe, la sexualité - sur les modes de l'attraction et de la révulsion -, les ­envies de meurtre ou de mort, la peur d'être tué. Les hantises lynchiennes déjà connues sont là : la misère la plus noire au coeur même de Hollywood, l'accoutumance monstrueuse à la souffrance d'autrui qu'elle induit. D'autres obsessions éclatent : de Pologne, où une partie du film a été tournée, Lynch rapporte un aperçu glaçant des mafias et de la prostitution en version « pays de l'Est ». Mais le mode d'exposition de ces angoisses a changé. Même quand la matière est fantasmagorique, on dirait du cinéma vérité - le film est tourné en numérique, au grain sans pitié. D'un bout à l'autre de ce chaos, les images renvoient les unes aux autres, mais il s'agit moins pour nous de résoudre une intrigue que d'assister à une expérience de branchement de synapses humaines sur un projecteur de cinéma. Inland Empire, « empire de l'intérieur » mais cinéma des confins. Louis Guichard

Sur Cine Plus Club dès 17h55 : INLAND EMPIRE

De 20h50 à 22h45 Il divo

Film : drame 1h55 -12

Portrait insolent d'un politicien trouble, Giulio Andreotti, leader de la Démocratie chrétienne, qui régna plus de quarante ans sur l'Italie. - Critique : | Genre : Les monstres. Vingt-cinq fois ministre. Et des surnoms à la pelle : l'Inoxydable, le Sphinx, le Joli Petit Bossu, Belzébuth, le Moloch, la Salamandre, le Pape noir, l'Homme des ténèbres, l'Eternité... De Giulio Andreotti, un des leaders de cette Démocratie chrétienne qui a gouverné l'Italie de la fin de la guerre jusqu'aux années 1990, Paolo Sorrentino fait un Nosferatu au verbe rare et au regard fixe, à la main molle et aux migraines récurrentes... Comment filmer la politique aujourd'hui ? Sérieusement : Pierre Schoeller dans L'Exercice de l'Etat. Caricaturalement : Xavier Durringer dans La Conquête. Ou comme Sorrentino, qui mêle réflexion et farce. Il filme, arrivée au ralenti, comme dans un western spaghetti, la garde rapprochée d'Andreotti. Magistrats, ministres et journalistes sont flingués comme à Guignol. Les illustrations musicales décoiffent, allant de Fauré à Da da da, interprété par Trio. Au bout d'un certain temps, peut-être parce qu'il filme tout sur le même rythme affolé, les liens, invraisemblables et méprisables, entre Etat, Mafia, Vatican et francs-maçons, entre Andreotti et ces gens-là, découragent autant qu'ils révoltent. Mais Sorrentino a tout ce que tant d'autres n'ont plus : la verdeur, l'impolitesse et l'originalité. — Pierre Murat

Sur Cine Plus Club dès 20h50 : Il divo

De 22h45 à 01h43 Voyage au bout de l'enfer

Rediffusion Film : drame 2h58 -12

Le chef-dœuvre de Cimino, avec un De Niro tout en retenue et une scène qui nous hante à jamais : Christopher Walken, suicidaire, jouant à la roulette russe. Terrifiant. - Critique : | Genre : trauma américain et roulette russe. Commençons par la scène d’anthologie. Trois soldats américains prisonniers, de l’eau jusqu’au ventre, sont parqués sous une baraque sur pilotis. Ils attendent leur tour pour jouer, face à leurs tortionnaires, à la roulette russe. La séquence dure quinze minutes. Elle immortalise Christopher Walken, visage de samouraï et de zombie. Voilà comment Cimino concentre la guerre du Vietnam en une allégorie explosive, qui renferme l’horreur, le hasard, la folie, l’instinct de survie. Mais aussi une forme de bravoure obscure, incarnée par le sagace Robert De Niro. Le héros du film, c’est lui. Un sauveur pur et dur, qui se voue corps et âme à la communauté et qui fait tout pour recoller ses morceaux. Sur les trois heures épiques que dure ce film au casting affolant, une seule environ se déroule dans l’enfer vietnamien. C’est le chapitre du milieu. Avant, on voit les hauts fourneaux d’une aciérie de Pennsylvanie, une bande soudée de sidérurgistes, un mariage orthodoxe, des beuveries sans nom, une chasse au chevreuil dans une montagne de western… Bref, une certaine image du rêve américain. Après, il y a des vies brisées, des illusions perdues, et surtout une amitié amoureuse ravagée. Riche d’interprétations diverses, ce Voyage au bout de l’enfer compte assurément autant, sinon plus, que son cousin direct, Apocalypse now, sorti un an après.

Sur Cine Plus Club dès 22h45 : Voyage au bout de l'enfer