Canal+ Cinéma DROM : Programme TV de la chaîne Canal+ Cinéma DROM

En ce moment sur Canal+ Cinéma DROM :

00h17 De son vivant

Rediffusion Film : drame 1h59 -10
De son vivant

Quadragénaire, Benjamin découvre au détour de simples contrôles qu'il souffre d'un cancer du pancréas. Après divers examens, il constate désemparé que sa maladie le condamne à court terme. Bouleversée, sa mère parvient tout de même à rester digne en apprenant le terrible diagnostic, comprenant tout de suite l'absolue nécessité de faciliter le quotidien d'un fils en route vers son ultime voyage. Malgré les incessants allers-retours à l'hôpital, tous deux parviennent à surmonter la peine et la douleur et à unir leurs forces pour mener de front les affaires courantes, souhaitant se préparer au mieux à subir l'inéluctable et tragique destin... - Critique : Pour La mère et le fils n’ont soudain plus que quelques mois pour dénouer leur relation terriblement nouée : Benjamin (Benoît Magimel) va partir, condamné par un cancer, et Crystal (Catherine Deneuve) va le perdre. Comment accepter de « partir » et de voir « partir » ? Cette fiction qui aborde sans détour des grands questionnements de l’existence a, ironie du sort, percuté la vie de plein fouet, son tournage interrompu après l’accident vasculaire cérébral de son actrice vedette, en novembre 2019. De son vivant n’est pas un film comme les autres. La vérité y a fait sa place de toutes les façons possibles et y joue le premier rôle. Emmanuelle Bercot construit, avec le sérieux qu’on lui connaît (La Tête haute, La Fille de Brest), un mélo utile. On y trouve, concrètement, des informations sur ce territoire incertain et tabou qu’est la fin de vie. En donnant le rôle du médecin à un véritable professionnel, le Dr Gabriel Sara, la réalisatrice fait sienne l’exigence de franchise qui est au centre de la pratique de ce thérapeute. Avec sa volonté d’aborder le cinéma comme un art du partage, elle nous parle d’une manière essentielle de la séparation ultime. Et nous livre un film généreux comme une main tendue - F. S. Contre Linéaire, appliqué, ce drame étreint mal son sujet, à force de vouloir illustrer tous les aspects d’une fin de vie en soins palliatifs, sans en privilégier un seul. Difficile d’oublier que, si Gabriel Sara est un véritable médecin, il exerce, en fait, sa spécialité dans un service de pointe à New York, bien loin des manques et des réalités de l’hôpital public en France. En outre, l’authenticité de sa présence ne fait que souligner ce qui, autour de lui, paraît bien factice… On aurait aimé que le film accompagne la marche forcée de son héros vers la mort sans l’encombrer d’artifices - C. M.

10min

À suivre, dès 02h16 : The Bunker Game (Rediffusion)

Ce soir sur Canal+ Cinéma DROM :

21h24 Ils sont vivants

Rediffusion Film : drame 1h49 -10

Après le décès de son mari, Béatrice se retrouve seule avec son fils et sa mère. Elle vit près d'un camp de migrants dans le Pas-de-Calais et décide un jour d'emmener les affaires de son défunt conjoint. Alors qu'elle se morfond et erre dans son quotidien, elle rencontre Mokhtar, un migrant iranien qui va la bouleverser et lui redonner goût à la vie. Celui-ci a un objectif commun aux autres membres du camp : passer la Manche et partir en Grande-Bretagne. Sauf que Béatrice tombe amoureuse de cet enseignant, ce qui va l'amener à prendre des risques en raison du statut de Mokhtar, mais également face aux préjugés de son entourage... - Critique : Malgré ses pulls en angora rose ou à motifs de colombes, Béatrice n’a rien d’une femme douce. Loin de s’attendrir sur le malheur des autres, cette veuve depuis peu d’un policier de tendance extrême droite tient les mêmes propos racistes que tous ses proches. Une nuit, au sortir d’un hôpital de Calais où elle travaille comme aide-soignante dans un service de gériatrie, elle est accostée par un jeune migrant perdu loin de la Jungle. Elle accepte à contrecœur de l’y raccompagner. Dès le lendemain, la voilà en train de donner les vêtements de son mari aux bénévoles du camp, mais en maugréant : « Je torche des vieux toutes les nuits, ce n’est pas pour aider des Noirs et des Arabes dans la journée. » Et pourtant, Béatrice revient, comme ennivrée par ce monde inconnu de misère et d’entraide. Ce monde empli de drames, mais si vivant. Sa rencontre avec Mokhtar, clandestin iranien décidé à passer à Angleterre, va la mener très loin, bouleversant son corps et ses préjugés... Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Jérémie Elkaïm adapte le livre témoignage de Béatrice Huret, Calais, mon amour, et en tire ce film, d’une force et d’un réalisme impressionnants sur une révélation charnelle. On sent la patte de son coscénariste Gilles Marchand (coauteur, entre autres, de Seules les bêtes, de Dominik Moll) dans le refus du moindre angélisme et la précision politique d’un scénario où la sensualité devient une porte d’accès vers l’altruisme : Béatrice s’émancipe peu à peu de son milieu, mais elle cherche aussi à le changer, par amour pour l’homme qui la révèle à elle-même. Si le film met l’idéologie au cœur du quotidien dans des scènes de famille et de repas, toutes crédibles, Ils sont vivants est avant tout un drame passionnel lumineux. Jérémie Elkaïm impressionne avec des séquences d’amour physique qu’il axe, dans un mélange rare d’audace et d’élégance, sur le plaisir féminin. Et sur le langage. Béatrice et Mokhtar ne parlent pas la même langue ? Le réalisateur les filme, magnifique idée, en train de communiquer par le biais d’une application de traduction simultanée sur téléphone portable ou écran d’ordinateur projeté au-dessus de leur couche d’amants. Pour porter cette histoire d’un engagement au-delà de toutes les frontières, il fallait le corps d’une grande actrice. Visage buté, muscles tendus dans le plaisir comme le combat pour la liberté de cet autre tant aimé, Marina Foïs compose une Béatrice complexe, jamais mièvre, surprise et presque rétive devant sa propre métamorphose. L’incarnation parfaite d’une femme dure qui devient forte.

« Ils sont vivants » sur Canal+ Cinéma DROM

23h13 Nightmare Alley

Rediffusion Film : thriller 2h26 -10

Après avoir fait ses gammes auprès d'une voyante et de son mari, un célèbre mentaliste de ces années 40, Stanton décide qu'il est désormais temps de voler de ses propres ailes. La rencontre avec ces deux personnages a bouleversé son existence, et il a très rapidement saisi les profits qu'il pourrait tirer auprès d'une clientèle aisée avec un tel "don". Et qui d'autre que Lilith Ritter, une psychiatre qu'il connait depuis peu mais chez laquelle il a immédiatement décelé un machiavélisme sans bornes, pour l'accompagner dans ce plan très lucratif. Ensemble, ils passent sans coup férir à l'action, faisant fi des pourtant nombreux risques... - Critique : Pour la première fois, il n’y a pas de fantastique dans un film de Guillermo del Toro. Mais les monstres très humains qu’il dépeint dans son onzième long métrage sont peut-être les plus terribles de toute sa filmographie. Dans ce remake du Charlatan, d’Edmund Goulding (1947), tout commence dans un cirque itinérant au cœur de l’Amérique profonde, à la fin des années 1930. C’est dans cet univers qu’échoue Stanton « Stan » Carlisle, un vagabond en fuite. Le beau parleur (Bradley Cooper, remarquable dans la séduction comme dans la violence) découvre les astuces du mentalisme. Devenu le roi des bonimenteurs, Stan quitte le monde des forains pour la bonne société de Buffalo. Où il persuade les plus crédules qu’il est capable de communiquer avec leurs proches disparus. Avec l’aide d’une psy des beaux quartiers, il échafaude un plan machiavélique afin d’escroquer un millionnaire aussi puissant que dangereux… Après l’hommage à Freaks, place au film noir sophistiqué auquel Guillermo del Toro réserve le même traitement qu’il appliquait au film de fantômes dans Crimson Peak (2015) : il respecte le genre et ses codes, multiplie les citations-références aux classiques, mais le considère aussi comme un terrain de jeu où tout est permis. Avec ses couleurs profondes, ses décors luxueux et ses explosions de violence gore, Nightmare Alley ne joue pas la carte du polar rétro mais du thriller contemporain. Il est passionnant de découvrir comment Guillermo del Toro, en exposant les trucs derrière les numéros de télépathie de Stan, démythifie les phénomènes paranormaux et la croyance en l’imaginaire qui ont fait sa gloire en tant que cinéaste. Dans Nightmare Alley, la magie ne sert plus à combattre le mal, elle est désormais son instrument…

« Nightmare Alley » sur Canal+ Cinéma DROM

Programme Canal+ Cinéma DROM de la journée d'aujourd'hui

Mardi 06 Décembre 2022

De 07h26 à 08h30 Cinéma par... Yvan Attal

Rediffusion Documentaire cinéma 1h4 -10

A l'occasion de la sortie le 30 octobre 2019 dans les salles de "Mon chien stupide", le dernier film d'Yvan Attal, le cinéaste fait découvrir la ville-cinéma par excellence. En effet, depuis toujours, l'acteur et réalisateur Yvan Attal est fasciné par New York. Les cinéastes, les acteurs, les films qui l'ont forgée sont tous ou presque connectés à cette mégalopole. A ses côtés et guidés par ses repères, ses errances et les images qui ont nourri son appétit de cinéma, le documentaire s'engage dans une déambulation à travers ce "studio à ciel ouvert" qu'est New York.

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 07h26 : Cinéma par... Yvan Attal

De 08h30 à 10h01 Jane par Charlotte

Rediffusion Documentaire beaux-arts 1h31 Tout public

Charlotte Gainsbourg, avec une caméra, filme des échanges inédits avec sa mère, Jane Birkin, permettant de briser la glace entre ces deux femmes réservées. A la base, elle désirait observer cette mère célèbre comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Mais, au fil des années, cela s'est transformé en une véritable mise à nu. La caméra parvient à faire disparaître ce mur invisible, et elle leur permet de rentrer dans l'intimité l'une de l'autre, se retrouvant enfin face-à-face en tant que mère et fille, et non plus comme les deux artistes. Souvenirs, confidences, révélations, elles se livrent comme jamais dans ce documentaire.

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 08h30 : Jane par Charlotte

De 10h01 à 11h37 Last Survivors

Film de suspense 1h36 -10

Depuis un événement apocalyptique survenu il y a vingt ans. Troy et son fils, Jake, vivent dans un isolement extrême. Quand Troy est grièvement blessé, Jake est obligé de se rendre dans le monde extérieur pour trouver des médicaments. Sur son chemin, il rencontre Henrietta, une femme mystérieuse. C'est alors que tout commence à changer pour lui. Mais Troy ne reculera devant rien pour se débarrasser d'Henrietta et protéger l'utopie parfaite qu'il a créée...

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 10h01 : Last Survivors

De 11h37 à 13h35 Escape from Mogadishu

Rediffusion Film d'action 1h58 -12

En Somalie. En 1991, la guerre civile fait rage dans les rues de Mogadiscio, capitale et ville la plus peuplée du pays. Les membres des ambassades de Corée du Sud et de Corée du Nord sont piégés entre les feux des forces gouvernementales et des rebelles. Une nuit, les employés de l'ambassade de Corée du Nord frappent à la porte de l'ambassade de Corée du Sud et demandent de l'aide. Afin de quitter cette ville et de se sauver la vie, ils laissent leurs désaccords diplomatiques de côté...

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 11h37 : Escape from Mogadishu

De 13h35 à 14h22 Le cercle

Rediffusion Magazine du cinéma 47mn -10

Lily Bloom, "une enfant du CERCLE" , fidèle coéquipière de l'émission depuis sept ans, présente ce rendez-vous cinéphilique hebdomadaire. Philippe Rouyer, Marie Sauvion, Frédéric Mercier, Ava Cahen, Emily Barnett, Simon Riaux, Murielle Joudet, Claire Diao, Guillaume Orignac... l'entourent et composent avec elle une équipe éclectique de journalistes et d'écrivains fous de cinéma.

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 13h35 : Le cercle

De 14h22 à 15h46 Arthur Rambo

Film : drame 1h24 -10

Alors que son dernier roman figure en tête des ventes, Karim semble voir se dessiner un avenir des plus radieux. Pourtant, le jeune homme ne tarde pas à déchanter quand certains messages haineux qu'il aurait posté sur des réseaux sociaux refont soudainement surface. Dès cet instant, il voit implacablement les portes se refermer les unes après les autres, et ses amis, même proches, lui tourner le dos. Bien qu'il explique avoir écrit ces paroles sur un ton humoristique et sous un pseudonyme, personne ne se risque désormais plus à croire son récit. A l'aube d'une grande carrière, il se retrouve finalement mis au ban de la société... - Critique : En même temps qu’à Jekyll et Hyde, on pense aux deux visages de Janus, dieu romain des choix et des passages, des commencements et des fins. Pour Karim D. (Rabah Naït Oufella), il se trouve que le début et la fin coïncident : à peine parvenu à la gloire médiatique, le jeune écrivain dégringole, rétrogradé de coqueluche à paria en quarante-huit heures. La faute en est à son « double maléfique », Arthur Rambo, pseudonyme sous lequel il a tweeté les pires horreurs des années durant et qui vient d’être exposé sur les réseaux sociaux. Une histoire familière ? Forcément, puisque Laurent Cantet (Entre les murs, L’Atelier) s’inspire de la fameuse « affaire Mehdi Meklat », qui l’a laissé stupéfait. Meklat, plume adolescente du Bondy Blog, connu pour ses étonnants reportages sur Inter, chez Pascale Clark, avec son partenaire Badrou, a explosé en vol en 2017, après l’exhumation de ses messages haineux publiés sous le nom de Marcelin Deschamps. Vingt ans après L’Emploi du temps, libre adaptation de l’affaire Jean-Claude Romand, Cantet se frotte donc à un nouveau mystère, moins vertigineux mais terriblement contemporain, résumé par ce titre ingénieux où coexistent un poète (Arthur Rimbaud) et une brute (John Rambo). Ce mystère, le cinéaste ne prétend pas en avoir la clé. Il préfère enregistrer la violence et la rapidité de la chute de Karim, avec une sécheresse, une neutralité qui n’évitent pas toujours la mise à distance. On admire la mécanique de ce chemin de croix (du haut vers le bas de l’échelle, de Paris vers la banlieue, de la fête à la solitude…) ponctué de stations où le protagoniste est sommé de s’expliquer. Face à ses éditeurs, ses amis, sa famille, il plaide tour à tour la provocation, le « troisième degré » ou la colère sociale, et l’on sent que ces dialogues, si didactiques qu’ils en deviennent difficiles à jouer, traduisent avant tout les questionnements du cinéaste. La plus belle séquence, de fait, est aussi l’une des plus laconiques. « Vous n’en pensez rien ? », demande le jeune homme à une écrivaine (Anne Alvaro) chez qui il trouve brièvement refuge. « Si, je pense que tu apprends. »

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 14h22 : Arthur Rambo

De 15h46 à 19h50 Fin des programmes

Fin 4h4 Tout public

Nos programmes se terminent pour cette journée, en attendant ceux de demain.

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 15h46 : Fin des programmes

De 19h50 à 20h42 + de courts

Rediffusion Magazine du cinéma 52mn -10
Sur Canal Plus Cinema DROM dès 19h50 : + de courts

De 20h42 à 21h24 Tchi tcha

Rediffusion Magazine du cinéma 42mn -10

Magazine cinéma au coeur de l'actualité culturelle, Tchi Tcha traite tous les genres cinématographiques, des plus pointus aux plus populaires, des blockbusters aux découvertes. Laurie Cholewa, avec la complicité de Perrine Quennesson et Renan Cros, donne rendez-vous chaque vendredi à 19H45 et chaque dimanche à 12H en clair sur Canal+. L'émission est aussi à retrouver sur Ciné+.

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 20h42 : Tchi tcha

De 21h24 à 23h13 Ils sont vivants

Rediffusion Film : drame 1h49 -10

Après le décès de son mari, Béatrice se retrouve seule avec son fils et sa mère. Elle vit près d'un camp de migrants dans le Pas-de-Calais et décide un jour d'emmener les affaires de son défunt conjoint. Alors qu'elle se morfond et erre dans son quotidien, elle rencontre Mokhtar, un migrant iranien qui va la bouleverser et lui redonner goût à la vie. Celui-ci a un objectif commun aux autres membres du camp : passer la Manche et partir en Grande-Bretagne. Sauf que Béatrice tombe amoureuse de cet enseignant, ce qui va l'amener à prendre des risques en raison du statut de Mokhtar, mais également face aux préjugés de son entourage... - Critique : Malgré ses pulls en angora rose ou à motifs de colombes, Béatrice n’a rien d’une femme douce. Loin de s’attendrir sur le malheur des autres, cette veuve depuis peu d’un policier de tendance extrême droite tient les mêmes propos racistes que tous ses proches. Une nuit, au sortir d’un hôpital de Calais où elle travaille comme aide-soignante dans un service de gériatrie, elle est accostée par un jeune migrant perdu loin de la Jungle. Elle accepte à contrecœur de l’y raccompagner. Dès le lendemain, la voilà en train de donner les vêtements de son mari aux bénévoles du camp, mais en maugréant : « Je torche des vieux toutes les nuits, ce n’est pas pour aider des Noirs et des Arabes dans la journée. » Et pourtant, Béatrice revient, comme ennivrée par ce monde inconnu de misère et d’entraide. Ce monde empli de drames, mais si vivant. Sa rencontre avec Mokhtar, clandestin iranien décidé à passer à Angleterre, va la mener très loin, bouleversant son corps et ses préjugés... Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Jérémie Elkaïm adapte le livre témoignage de Béatrice Huret, Calais, mon amour, et en tire ce film, d’une force et d’un réalisme impressionnants sur une révélation charnelle. On sent la patte de son coscénariste Gilles Marchand (coauteur, entre autres, de Seules les bêtes, de Dominik Moll) dans le refus du moindre angélisme et la précision politique d’un scénario où la sensualité devient une porte d’accès vers l’altruisme : Béatrice s’émancipe peu à peu de son milieu, mais elle cherche aussi à le changer, par amour pour l’homme qui la révèle à elle-même. Si le film met l’idéologie au cœur du quotidien dans des scènes de famille et de repas, toutes crédibles, Ils sont vivants est avant tout un drame passionnel lumineux. Jérémie Elkaïm impressionne avec des séquences d’amour physique qu’il axe, dans un mélange rare d’audace et d’élégance, sur le plaisir féminin. Et sur le langage. Béatrice et Mokhtar ne parlent pas la même langue ? Le réalisateur les filme, magnifique idée, en train de communiquer par le biais d’une application de traduction simultanée sur téléphone portable ou écran d’ordinateur projeté au-dessus de leur couche d’amants. Pour porter cette histoire d’un engagement au-delà de toutes les frontières, il fallait le corps d’une grande actrice. Visage buté, muscles tendus dans le plaisir comme le combat pour la liberté de cet autre tant aimé, Marina Foïs compose une Béatrice complexe, jamais mièvre, surprise et presque rétive devant sa propre métamorphose. L’incarnation parfaite d’une femme dure qui devient forte.

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 21h24 : Ils sont vivants

De 23h13 à 01h39 Nightmare Alley

Rediffusion Film : thriller 2h26 -10

Après avoir fait ses gammes auprès d'une voyante et de son mari, un célèbre mentaliste de ces années 40, Stanton décide qu'il est désormais temps de voler de ses propres ailes. La rencontre avec ces deux personnages a bouleversé son existence, et il a très rapidement saisi les profits qu'il pourrait tirer auprès d'une clientèle aisée avec un tel "don". Et qui d'autre que Lilith Ritter, une psychiatre qu'il connait depuis peu mais chez laquelle il a immédiatement décelé un machiavélisme sans bornes, pour l'accompagner dans ce plan très lucratif. Ensemble, ils passent sans coup férir à l'action, faisant fi des pourtant nombreux risques... - Critique : Pour la première fois, il n’y a pas de fantastique dans un film de Guillermo del Toro. Mais les monstres très humains qu’il dépeint dans son onzième long métrage sont peut-être les plus terribles de toute sa filmographie. Dans ce remake du Charlatan, d’Edmund Goulding (1947), tout commence dans un cirque itinérant au cœur de l’Amérique profonde, à la fin des années 1930. C’est dans cet univers qu’échoue Stanton « Stan » Carlisle, un vagabond en fuite. Le beau parleur (Bradley Cooper, remarquable dans la séduction comme dans la violence) découvre les astuces du mentalisme. Devenu le roi des bonimenteurs, Stan quitte le monde des forains pour la bonne société de Buffalo. Où il persuade les plus crédules qu’il est capable de communiquer avec leurs proches disparus. Avec l’aide d’une psy des beaux quartiers, il échafaude un plan machiavélique afin d’escroquer un millionnaire aussi puissant que dangereux… Après l’hommage à Freaks, place au film noir sophistiqué auquel Guillermo del Toro réserve le même traitement qu’il appliquait au film de fantômes dans Crimson Peak (2015) : il respecte le genre et ses codes, multiplie les citations-références aux classiques, mais le considère aussi comme un terrain de jeu où tout est permis. Avec ses couleurs profondes, ses décors luxueux et ses explosions de violence gore, Nightmare Alley ne joue pas la carte du polar rétro mais du thriller contemporain. Il est passionnant de découvrir comment Guillermo del Toro, en exposant les trucs derrière les numéros de télépathie de Stan, démythifie les phénomènes paranormaux et la croyance en l’imaginaire qui ont fait sa gloire en tant que cinéaste. Dans Nightmare Alley, la magie ne sert plus à combattre le mal, elle est désormais son instrument…

Sur Canal Plus Cinema DROM dès 23h13 : Nightmare Alley